Kenza Farah ouvre de nouveau son coeur
Déterminée et rassembleuse, la Marseillaise Kenza Farah donne une suite à son album "Authentik" en sortant "Avec le coeur". Elle se confie dans une interview courte et directe.
J'ai un petit peu peur, je suis stressée mais j'ai également hâte de découvrir mon album avec mon public. C'est de la bonne pression avec l'envie de bien faire et de ne pas décevoir, un peu comme avant de monter sur scène.
Pourquoi ce choix de proposer un double-album ?
Dès la sortie du premier album, j'ai continué à écrire, car j'écris beaucoup. Pas forcément dans l'optique d'un album mais car j'ai besoin de ça pour vivre. A la fin de la tournée, en feuilletant mon cahier, je me suis rendu compte que j'avais de quoi faire un autre album. On est alors entré en studio, cela s'est fait très naturellement, cela me permet de dévoiler mes émotions, de grandir en même temps que mon public. On a commencé cet été puis cela s'est poursuivi jusqu'à tout récemment. C'est vrai que, arrivé à la fin de l'album, on ne savait pas quels morceaux garder ou enlever car ils avaient tous leur place. On a dû quand même en sacrifier quelques-uns. Au final, n'arrivant pas à se décider, on a gardé 22 titres. C'est beaucoup pour un seul album, cela peut paraître chargé, le public peut se lasser. A la dernière minute, on a décidé de faire un double-album.
On sent que les thèmes de la solidarité et du rassemblement te sont chers...
Avant tout cela fait partie de ma mentalité : je suis assez combattive, j'aime bien aussi rassembler. Je pense que l'unité est très importante, l'union fait la force comme on dit. Cela ressort pas mal dans mon album et c'est une partie de mes traits de caractère et de ma manière d'être et d'avancer.
Comment est né le single "Au coeur de la rue" ?
Je l'ai écrite à la fin de la tournée, j'avais vu le coeur de la France, beaucoup de visages différents. C'est pour cela que j'ai eu l'idée de ce morceau pour rendre un hommage et représenter les différents arts urbains aussi bien le chant, la danse que le graff. Mais en dehors de tout ça, tout ce qui fait la rue : les enfants, les petites filles, les papys, les mamies... Tous ces gens que l'on côtoie et qui font vivre la rue.
On entend quelques instrumentations andalouses sur ce disque...
C'est vrai que j'avais déjà commencé sur le premier album à mettre quelques touches de musiques andalouses. J'ai voulu un peu plus l'accentuer sur celui-ci. Cela se rapproche un peu de la musique orientale, c'est un son qui me parle. Je voulais vraiment que ce soit un album musical malgré mes références R&B et rap. C'est pour cela que j'ai choisi cette direction car ça me plaît beaucoup.
Qui retrouve-t-on au niveau des collaborations ?
Déjà Psy 4 de la Rime, c'est un featuring qui me tenait à coeur. On se connaît tous mais on n'avait pas eu l'occasion de collaborer ensemble jusque-là. Il y aussi Roldan du groupe Orishas, ils ont un univers latino, c'est un peu Cuba, j'aime énormément. Je suis allée sur un terrain qui je ne connaissais pas et cela s'est très bien passé. J'ai collaboré avec Busy Signal, c'est un Jamaïcain, j'ai de suite accroché. J'ai eu la chance de faire un morceau avec et comme j'aime beaucoup Bob Marley, Lauryn Hill... Je me suis découverte sur un style plus reggae-ragga. Nina Sky également, deux soeurs nées dans le Queens à New York, d'origine portoricaine, c'est un peu plus club tout en restant urbain. Tous ces featurings ont été un bel exercice pour moi.
Comment juges-tu le R&B féminin actuel ?
Je sais quelles sont les difficultés et qu'il faut du courage pour monter sur scène et se retrouver face au public. Les enregistrements, c'est vraiment dur et je respecte énormément le travail des autres.
La scène, c'est pour bientôt ?
Il y a une tournée qui est prévue dans toute la France et au Maghreb, entre autres, début 2009. J'ai hâte de retourner sur scène pour défendre cet album. Le Zénith aussi, qui est prévu en mars, est une date importante. J'ai vraiment hâte de pouvoir aller sur scène.





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