Le joyeux bazar des Fatals Picards de retour !
Dans une ambiance de cour d'école et à l'occasion de la sortie de leur opus "Le sens de la gravité", Les Fatals Picards reviennent, sans langue de bois, sur la polémique à propos de leur titre "Le jour de la mort de Johnny", leur "amour" pour les chanteuses pour ados et la tournée à venir.
Paul: Je parle au nom du groupe et je pense que cela s'est bien passé. Nous nous nous sommes rendus au studio ICP de Bruxelles en Belgique. Un studio très professionnel avec du matériel très professionnel et des professionnels ce qui donne une notion du professionnalisme assez complète finalement si on y réfléchit bien (rires). On voulait faire le meilleur album possible en se donnant les moyens de bien l'enregistrer. L'avenir nous dira si nous y sommes arrivés !
On retrouve encore la patte des Fatals Picards entre humour, auto-dérision et message plus sérieux...
Laurent: L'humour est un petit peu le fil rouge depuis le début de l'aventure des Fatals Picards, donc tout tourne autour de ça. Après une année sur les routes, on avait des chansons en tête et on a vu que ça formait une sorte de photographie de la France que l'on avait sur cette année. On voulait donc avec cet album mélanger l'humour et ce côté un peu social, qui est plus présent que sur les précédents. Pendant cette année sur les routes, on a récolté des sujets comme les sans-papiers, les Don Quichotte, les gens qui font des banderoles avant d'aller aux matches de football... Toutes ces choses qui donnaient envie de faire un album cynique avec un côté humour noir. Pour la pochette, on s'est inspiré des images de propagande de l'Union soviétique pendant les années 1920-1930, on trouvait que cela représentait bien l'ambiance générale, on aimait le visuel, indépendamment du message politique.
Quelle est l'histoire derrière le single "Le combat ordinaire" ?
Jean-Marc: On était parti de la bande-dessinée de Larcenet du même nom. Cela parle de beaucoup de choses très actuelles : la crise, les délocalisations, les fermetures d'usine...
Paul: Il fallait choisir un premier extrait et c'était celui qui représentait le mieux l'ambiance générale du disque. C'est un juste milieu, il y en a des plus engagés, des plus drôles et des plus tristes. Cela collait bien aussi avec la pochette.
Laurent: Tout partait d'un fait-divers il y a un an à propos d'un type qui était licencié dans le Nord. On lui proposait le RMI en allant travailler en Hongrie ! Il était donc censé quitter sa femme et ses proches, sa maison pour partir là-bas.
Pourquoi avoir repris deux anciens titres, "Mon père était tellement de gauche" et "Seul et célibataire" ?
Yves: Avec le changement au sein du groupe et le départ d'Yvan, il y a eu restructuration et des arrangements musicaux à refaire. "Mon père..." était alors désormais chanté par Jean-Marc en live et il l'a réenregistré pour ce disque. Il fallait douze titres, il en manquait deux, donc on a pris deux anciens, c'était plus simple (rires).
Paul: Avec le nouveau studio, on a pu réenregistrer de meilleures versions de ces titres et mieux travailler les voix, les instruments... C'était une façon de revisiter nos morceaux.
Pouvez-vous revenir sur la polémique sur le morceau "Le jour de la mort de Johnny" ?
Laurent: Il faut bien situer de nouveau l'histoire de la chanson. On l'avait enregistré et Warner nous a fait comprendre que Johnny ne souhaitait pas qu'elle figure sur notre album. Elle n'y est pas d'ailleurs. A partir de là, on s'est dit qu'on allait la jouer sur scène, que de toute façon, cela allait être filmé et se retrouver sur YouTube ou Dailymotion dans des versions de mauvaise qualité. Donc de toute façon, cela allait resurgir un jour ou l'autre. A ce moment-là, on a préféré mettre sur notre site notre version à nous qui était la meilleure. Il y a alors eu quelques petits problèmes de communication avec Warner, qui sont désormais réglés.
Paul: On voulait donner cette chanson aux fans et tout le monde s'en est emparé. On avait fait ça sympathiquement pour rigoler et on s'est fait gronder (rires).
Vous taquinez également certaines chanteuses comme Jennifer Ayache de Superbus dans "Boum" ou celles qui viennent aux Enfoirés...
Paul: Déjà je n'avais pas remarqué que nous faisions cela (rires). On s'attaque à ce qui nous arrive dans les yeux et les oreilles sans que l'on ne le demande. Superbus on essaie de t'y intéresser et à un moment tout ce qui est lavage de cerveau, il faut que cela sorte d'une manière ou d'une autre. C'est sans animosité ni haine aucune. On a fait une chanson à la Superbus pour la déconne et ça a donné "Boum". Et la chanson "C'est l'histoire d'une meuf" sur les Enfoirés, elle ne parle pas de ce côté très charitable de cette association mais du fait que l'on a l'impression que certaines chanteuses se servent de l'aura des Enfoirés pour être dans la lumière car sinon elles ne sont rien.
Que préparez-vous pour la tournée à venir ?
Jean-Marc: On est en fait en tournée toute l'année, on ne s'arrête pas entre deux albums. Il y a une bonne centaine de concerts à venir jusqu'à 2010.
Laurent: La tournée elle sera un peu à l'image des Fatals Picards, on a une partie très rock, très chanson française, on a aussi un set acoustique. On sait que le public des Fatals Picards, c'est un peu le public Ravensburger de 7 à 77 ans. Ce que l'on veut c'est que la personne qui va nous voir sur scène ressorte avec la banane et pas un autre fruit (rires). On essaie donc d'être assez varié dans ce que l'on propose.
Paul: Oh la la... Toi tu as choppé le melon et ramène pas ta fraise hein ! Sinon il va tomber dans les pommes (rires).
Pour terminer, il y a deux ans, vous étiez à l'Eurovision, l'an dernier c'était Sébastien Tellier et là ce sera Patricia Kaas, une réaction ?
Paul: Eh oui autant de barbe que Sébastien et moi réunis, notre Patoune ! Mais pas autant de moustache (rires). Non sérieusement on lui souhaite bonne chance, vraiment ! (rires).





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