Miroir miroir, dis-moi si Ghinzu est le plus beau...
Attention, cela risque de trancher ! A l'occasion de la sortie de son troisième opus "Mirror Mirror", John Stargasm et Greg Remy de Ghinzu reviennent sur la naissance de cette sorte d'opéra-rock intemporel, leurs influences majeures et leur tournée en préparation.
John : Il y a eu quatre ans entre les deux albums, on a donc eu pas mal de temps pour composer beaucoup de morceaux, travailler en studio... On a vraiment écrit plus de chansons que sur les albums précédents. Nous avons enregistré dans de nombreux endroits. La grande différence, c'est que cette fois-ci nous avons passé beaucoup de temps sur chaque chanson, même si au final il n'y a pas plus de morceaux que sur l'opus précédent. On a réenregistré parfois plusieurs fois la même chanson jusqu'à en être satisfait. On avait envie de faire quelque chose de vachement différent par rapport à l'album précédent et on a décidé que l'on n'allait pas s'arrêter de travailler dessus tant que nous ne serions pas satisfaits du résultat. C'est vrai que ce n'était pas la même logique que sur les autres albums.
Pourquoi avoir choisi ce titre "Mirror Mirror" ?
John : Il y a toujours ce temps que tu passes sur un album et puis tu enregistres quelques morceaux, tu laisses le temps passer et puis tu te rends compte de l'album que tu es occupé à faire. Je dirais que le titre "Mirror Mirror" on l'a choisi car cela faisait référence à l'univers des contes. Il y avait quelque chose de fantastique dans tout cela. Il y a douze titres, en quelque sorte douze petits contes, douze petites nouvelles. Le titre fait directement référence à cet univers là où dans "Blanche Neige" tu as la reine qui regarde le miroir et qui dit : "Miroir miroir, dis-moi qui est la plus belle ?".
Greg : Quand John m'a proposé ce titre, j'ai pensé à la réflexion d'un miroir et pas à la petite phrase, la façon dont on peut se voir à travers un miroir.
John : Je crois que je vais reprendre le micro (rires) !
L'ensemble des titres forme un seul morceau comme un opéra-rock, est-ce le concept du disque ?
John : C'est vrai que dans l'album, à un moment donné, il y a 3-4 morceaux qui se suivent et qui peuvent faire penser à un opéra-rock, parce qu'il y a pas mal d'harmonies, de voix qui débarquent, des structures un peu compliquées... Je ne pense pas que ce soit le cas de tout l'album, il y a une partie qui est un peu plus grandiloquente c'est vrai. Chaque morceau est comme une petite histoire qui peut être comparée à un espèce de zapping que tu peux faire à la télévision : on passe d'une chaîne à une autre et tu y vois une fille toute nue qui vend un shampoing, un jeune homme qui prend un fusil et qui va tuer des filles dans une école et puis un peu plus tard, vers 3 heures du matin, tu as un homme politique qui parle du lancement de son livre dans lequel il fait des révélations sur sa vie sexuelle. C'est donc cette idée d'un immense zapping, reflet d'une époque de questionnements, que nous avons voulu rendre.
Comment définiriez-vous votre musique : pop, rock, punk, metal ?
John : On est assez instinctif comme groupe et chacun des membres a des influences très différentes. Ghinzu est une sorte de mix de toutes ces influences, qui se mélangent parfois, de manière évidente et parfois de manière improbable. Quand tu vas dans un magasin de disques, tu nous trouveras sûrement au rayon rock ou rock alternatif.
L'ambiance fait penser à la bande originale d'un film, comptez-vous d'ailleurs en composer d'autres ?
John : On est très influencé autant par les films que les livres ou les disques que l'on écoute. J'ai l'impression qu'il est facile d'avoir des images en tête lorsque l'on écoute notre musique. Lorsque nous travaillons sur un film ou des images, on aime bien, on a cette facilité... On a eu l'occasion de faire la bande originale d'un film qui s'appelle "Irina Palm" en 2007, et c'était vraiment une expérience enrichissante.
Que pouvez-vous déjà dire de la tournée qui approche ?
John : On adore la scène, on a commencé dans les clubs. C'est de là que tout part en fait. Au moment où nous avons fait cet album, une des choses que nous voulions par rapport au son, c'était qu'il soit représentatif de ce que nous vivons sur scène. Là nous avons une tournée qui est prévue, on l'a répétée et on est vraiment impatient de retrouver toutes ces sensations, même si avant de se sentir tout à fait à l'aise, il nous faudra quelques shows pour se chauffer. Il y aura une tournée en avril en France, puis on va sortir l'album à l'international et on ira dans différents pays, avant de revenir pour les festivals d'été. Il y aura ensuite une autre tournée en automne et c'est vrai que c'est assez grisant, on rencontre beaucoup de monde et notamment des personnes qui aiment notre musique. La scène, on adore.
Quels sont les groupes ou artistes que vous aimez ?
John : Il y a plein de groupes et artistes que nous aimons dont par exemple Portishead.
Greg : Oui, le dernier Portishead est vraiment magnifique.
John : Que ce soit dans le domaine du jazz ou du rock, il y a beaucoup d'artistes qui nous touchent.
Etes-vous d'accord si l'on vous qualifie d'"ambassadeur de la nouvelle scène rock belge" aux côtés de Girls In Hawaii, Sharko ou encore Hollywood Porn Stars ?
John : C'est vrai que nous venons du même pays. Après par rapport au mot scène tel qu'il est utilisé, je ne sais pas si nous faisons la même musique qu'eux... C'est vrai qu'il y a une certaine solidarité et si nous rencontrons un autre groupe comme les Girls In Hawaii au détour d'un stand de bière en Belgique, on va les saluer c'est normal. Il y a ce phénomène de solidarité et de nationalité qui nous lie (rires).
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