Sliimy repeint la pop française
Découvert grâce à Internet, Sliimy arrive tel un ovni dans la musique avec son album "Paint Your Face". Avec un style androgyne et un univers enfantin, certains le comparent déjà à Mika, mais il faut se méfier des apparences...
J'ai 20 ans, je m'appelle Sliimy. Je viens de Saint-Etienne. Je fais de la musique et je composais chez moi. J'ai un blog, un Skyblog et un Myspace.
Comment en es-tu venu à faire de la musique ?
En fait, c'est venu assez naturellement. J'écrivais mes chansons chez moi, j'ai fait un peu de chorale aussi quand j'étais petit. J'ai vraiment fait des choses de quartier dans ma ville. Je ne me suis jamais forcé à faire de la musique, c'est vraiment venu comme ça, naturellement. J'ai décidé d'écrire mes chansons assez tard, il y a deux ans et demi avec le titre "When Life", que j'ai posté sur Internet. Cela a créé un buzz avec le temps.
Quelles ont été tes influences musicales ?
J'ai beaucoup écouté de pop anglaise lorsque j'étais jeune. Je pense que je me suis nourri de ça et depuis tout petit, j'écoute vraiment de la musique pop. Je pense que la culture anglaise m'a permis de m'évader un peu, donc j'ai écouté beaucoup Lily Allen, Kate Nash, Michael Jackson, les Bee Gees. C'est vrai que, finalement, ma culture musicale s'est faite un peu tard et Internet m'a vraiment permis de piocher un peu partout. Ca s'est construit avec le temps.
Et ton look ? D'où vient-il ?
Le look fait partie aussi de la vie. Ca se trouve dans cinq ans, je vais changer. Il y a cinq ans, je ne m'habillais pas comme ça ! (rires) Quand tu regardes des photos, tu te dis souvent : "Mais pourquoi je m'habillais comme ça ?" Le look, ça suit vraiment tout ce qui se passe dans la vie. A présent, j'ai envie de m'habiller comme ça ! Peut-être que dans cinq ans, je me raserais la tête, peut-être que j'aurais changé et aurais fait une couleur de cheveux (rires). Ca fait partie de moi, on ne m'a pas pris et dit "mets-toi des lunettes, laisse-toi pousser les cheveux". Je suis vraiment comme ça.
Tu ressembles beaucoup à Mika...
Oui, on me la souvent dit ! Je pense que ce sont les boucles. Mais c'est un vrai compliment, même artistiquement, et puis, c'est cool comme comparaison. Je n'arrive pas à me mettre face aux comparaisons parce que c'est dur de te dire que tu ressembles à tel artiste. Toi tu es toi, ce sont plus les gens qui arrivent à te mettre un peu dans des cases.
Ton univers coloré est assez commun avec celui de Mika. Que répondrais-tu aux gens qui pourraient dire que tu es le "Mika français" ?
Je n'ai pas grand chose à répondre en fait, j'ai hâte qu'ils écoutent l'album pour juger par eux-mêmes, mais je trouve qu'il y a quand même des différences. Bon OK, j'aime bien les couleurs, mais je ne vais pas non plus broyer du noir pour ça ; on est différent. On a une vie différente et des choses différentes à raconter. Les gens le verront peut-être plus tard.
Tu as aussi été repéré par Perez Hilton, qui a parlé de toi sur ton blog pour ta reprise de "Womanizer". Ca te fait quoi d'être le buzz du moment, tout le monde parle de toi un peu partout ?
Ce qui est drôle avec Perez Hilton est que je n'étais pas chez moi, je n'avais donc pas Internet. Feed, mon guitariste, m'a appelé et dit que j'étais sur le blog. Sur le moment, je ne l'ai pas cru au téléphone. Je le connaissais de nom, c'est assez énorme. Après pour ce genre de chose, j'essaie un peu de rester loin de tout ça et de me dire que c'est un buzz, mais j'ai encore beaucoup de choses à travailler.
Comment as-tu été repéré par la maison de disques Warner Music France ?
L'année de mon bac, j'alimentais mon blog avec mes chansons et, à la fin de l'année, j'ai réussi à décrocher quelques concerts à Paris. Ils m'ont permis, entre autres, de rencontrer Warner, qui était venu à un des concerts. Puis j'ai obtenu des rendez-vous. Il y a eu une bonne entente et j'ai décidé de signer. Mais cela s'est fait avant le buzz avec "Womanizer" et tout le reste.
N'as-tu jamais été tenté par la télé-réalité pour percer ?
Moi, tout ce qui est télé-réalité, ça ne m'a jamais vraiment intéressé. J'avais envie de garder ma famille et mes amis assez proches. J'avais envie de tout gérer et je pense qu'Internet a été le moyen le plus facile pour pouvoir gérer ma musique et en même temps d'avoir à côté ma vie. Je voulais prendre mon temps et l'ai pris parce que beaucoup de personnes se disent que tout ça s'est fait vite, car je sors un album bientôt, mais j'ai bossé les compos depuis un an et demi.
Le premier single est "Wake Up". Peux-tu me raconter l'histoire de ce morceau ?
"Wake Up" est venu assez simplement. J'étais dans ma chambre, il y avait mes petites soeurs qui chantaient des petits trucs et la mélodie est venue assez facilement. J'ai écris la chanson comme ça. J'avais vraiment envie de retranscrire le fait que ce sont souvent les gens sérieux qui disent aux autres de se réveiller, et là j'avais envie d'inverser les rôles. La mélodie est assez enfantine, il y a quelque chose d'assez ludique dans la chanson et les paroles sont un peu cyniques. Je trouve que cela représente bien l'album dans lequel il y a des choses assez différentes avec d'autres chansons un peu plus soul. Ca va être cool, j'espère, on verra (rires).
Es-tu stressé par le succès de ton single et de ton album ?
Ce n'est pas stressant, mais c'est plus dans l'attente de voir comment ça va prendre et comment les gens vont réagir face aux chansons. C'est vachement important. Tu sais, quand tu fais des trucs dans ta chambre, ça fait bizarre de se voir d'un coup. C'est magique ! (rires) C'est un peu de l'impatience, j'ai hâte que l'album sorte pour voir comment les gens vont l'accueillir.
Peux-tu me parler du clip de "Wake Up" ? Comment s'est passé le tournage ?
On a tourné le clip à La Bellevilloise (une salle parisienne, NDLR). L'idée du clip avec la pâte à modeler est quelque chose que j'avais un peu travaillé. J'avais rencontré Stéphanie, qui a fait le clip, et on a parlé beaucoup du visuel. On a filmé comme ça et puis quelqu'un a fait le montage sur feuille. C'est vachement impressionnant parce qu'ils ont imprimé toutes les images du clip pour monter dessus la pâte à modeler. C'était assez drôle de tourner un clip, car c'était la première fois. C'est bizarre parce qu'il y a toute une équipe autour et tu es là au milieu en train de faire tes trucs. Franchement, c'était une bonne expérience et l'équipe était vraiment extra. J'ai appris beaucoup de choses pendant ce tournage. C'était cool.
As-tu des anecdotes du tournage ?
On m'avait peint la main en violet. Et donc, de 8h du matin jusqu'à minuit, j'avais la main peinte en violet. Je pense que c'est psychologique, mais comme tu as la main peinte, tu n'oses pas la bouger. Au bout d'un moment, ma main était congelée, mais un truc de fou ! (rires) Je ne pouvais plus la bouger, je pensais qu'on allait m'amputer et je n'en pouvais plus. A la fin, je l'ai surnommée la main morte. Si on regarde le clip, ça ressemble un peu à une main morte. C'était assez drôle et je pense qu'il fallait être là pendant le tournage.
Revenons à ton album, comment as-tu travaillé dessus ?
On l'a enregistré dans le home studio du début, où j'avais enregistré "When Life", que j'avais posté sur mes blogs. Cet album reste toujours de la pop assez fraîche, mais je pense que chaque chanson à vraiment quelque chose de particulier. Il y a des chansons un peu plus soul, certaines sont un peu plus énervées aussi. Et je pense que les textes lient le tout, car ils sont un peu ironiques et à la fois ludiques aussi. J'ai hâte qu'il sorte, car c'est un peu un petit bébé.
Tu es aussi parti à New York...
Oui, on est parti à New York pour le mixer et on l'a enregistré à Saint-Etienne. C'était vraiment une expérience énorme. On l'a mixé avec Bryce Goggin, qui a fait Antony And The Johnsons, et c'était une super belle expérience. En plus, c'était la première fois que j'allais à New York. J'ai visité, j'ai fait du shopping, bref des trucs de touristes (rires). On est allé sur le pont de Brooklyn et il y avait un groupe scolaire de Français qui m'ont reconnu de l'autre côté de la rue ! J'ai traversé et ils ont sorti leur portable, c'était super drôle ! J'ai signé de petits autographes, c'était trop mignon !
Tu n'as pas envie d'écrire en français ?
Pour l'instant, je n'écris vraiment qu'en anglais parce que c'est un choix personnel et puis c'est venu naturellement. Je pense que je ne suis pas prêt à écrire en français. Peut-être que dans cinq ans, j'écrirais en français et je me mettrais à écouter plus de musique française. Mais là, ce n'est pas venu sur le moment. Pour l'instant, je n'ai pas envie de me forcer à écrire en français spécialement pour que ça marche en France.






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