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Asyl : des dieux-rois musicaux

Entre son escapade américaine, le tournage de son nouveau clip ou encore son duo avec Daniel Darc, la formation dévoile tous les secrets de son nouvel album "Brûle Brûle Brûle".

Guillaume Torrent le 08/06/2009 pour MusicActu

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Comment s'est passé l'enregistrement de ce disque ?
Mathieu: Le processus de création a été très long, environ six mois. On n'est pas de l'école à écrire régulièrement, on fonctionne plus par tirs-groupés en se réunissant tous ensemble pendant une dizaine de jours et on écrit un maximum de morceaux. Il n'y a pas vraiment eu d'idées préconçues, j'amène les paroles et les autres membres amènent des compos, on essaie de voir ce qui peut coller ensemble par la suite. Au sujet des thèmes abordés, on se rend compte au final du lien entre les titres quand l'album est terminé. Là, sur ce disque, on va retrouver principalement les thèmes de la menace et de la passion, d'où le titre "Brûle Brûle Brûle". Mais ce n'était pas un choix au départ, le dénominateur commun a été trouvé au fur et à mesure de l'avancement du projet.

Justement, d'où est venue l'idée de la pochette du disque, sur laquelle vous vous trouvez dans une piscine ?
Nicolas: On est parti faire un trip à Los Angeles et on voulait éviter les clichés de Hollywood Boulevard, les étoiles, etc. On cherchait plutôt quelque chose qui allait plus nous ressembler, on voulait dégager quelque chose d'assez fort de la session photo. La pochette vient de la dernière session, dans la piscine de notre hôtel. En rentrant, un soir, après un bon repas, on a eu l'idée d'être photographiés habillés dans la piscine et on l'a fait.

Parlez-nous du clip assez étrange du single "Les Dieux sont des Rois"...
Nicolas: Il a été tourné dans la banlieue de Los Angeles. On voulait aller là-bas pour trouver un endroit assez décalé de notre quotidien et qui soit aussi chaleureux que le disque. L'idée vient de Yoann Lemoine, le réalisateur. Il avait déjà fait des courts-métrages et des documentaires sur le milieu du bingo à New York avec des travestis et des transsexuels. Cela faisait longtemps qu'il avait envie de faire un clip avec comme élément le bingo. Il s'est dit alors qu'on pourrait se rendre dans un centre de personnes âgées et se produire pendant qu'elles joueraient au bingo. On n'a pas eu beaucoup de prises, et sur la technique du reportage, on cherchait à capter ce qu'il se passait sur le moment. Personne n'était au courant de notre venue et tout le monde a découvert les guitares, la batterie et le matériel dans cette salle habituellement vide. Cela s'est super bien passé, les mamies étaient adorables, elles n'avaient qu'une crainte, c'était que l'on fasse du rap, quand on a dit que nous étions un groupe de rock, c'est mieux passé ! (rires).
Mathieu: Il y avait même une ancienne championne de rock acrobatique mais elle ne voulait pas danser avec nous par contre ! (rires).

Ce deuxième album est plus chanté, plus accessible et moins punk que le premier, est-ce une volonté d'ouverture à un public plus large ?
Antoine: Il est peut-être un peu plus mature aussi. Sur le premier, on était à une période de notre vie où l'on était un peu plus sauvage, avec l'envie de donner quelque chose de plus dur. Là, on est revenu à ce que nous avons toujours aimé : la pop, le rock, etc. On a voulu mélanger toutes ces influences. Comme l'a dit Mathieu, on a travaillé par tirs-groupés, on s'est réuni dans différents lieux. A un moment, on a loué une maison à La Rochelle, il faisait beau, il y avait une piscine, l'ambiance était bonne, le résultat, musicalement parlant, a été plus chaud, on était dans un bon état d'esprit. On n'était pas habité par les mêmes choses que sur le premier album et au final l'ensemble paraît plus ludique, plus accessible aussi, moins rock pur et dur.
Mathieu: Il est aussi plus accessible pour nous, au niveau de la manière de le jouer notamment. Un album de punk, on en avait déjà fait un donc on désirait passer à autre chose.

Comment est né le titre "La Triste histoire de Bugs Bunny" ?
Mathieu: Je me souviens avoir écrit ce texte un jour où il faisait très chaud... Le Bugs Bunny de cette chanson, c'est celui d'un certain âge d'or d'Hollywood des années 50-60, à une époque où le libéralisme américain était séduisant, où il y avait des Cadillac et des barbecue dans les pavillons de banlieue. C'est donc un Bug Bunny de cette époque-là qui revient à Hollywood et qui se rend compte que la ville est glacée. Cette chanson parle de Los Angeles, il y a un côté flippant dans cette ville, un côté Lynchien. Donc là, Bugs Bunny revient dans cette ville complètement cryogénisée, qui a été gelée pour en garder quelques vestiges. Voilà, cela parle de ce que l'on peut ressentir en voyant Los Angeles comme s'il y avait une couche de vernis qui cache tout le reste.

Pourquoi avoir choisi de faire un duo avec Daniel Darc, que certains membres du groupe ont accompagné en tournée ?
Mathieu: Cela faisait longtemps que l'on voulait faire quelque chose avec Daniel mais cela ne s'était pas produit pour diverses raisons. Un jour, il est venu à La Rochelle et on a passé quatre jours à écrire le texte chez moi. Cela nous a permis de confronter nos deux écritures, c'était la première fois que j'écrivais pour quelqu'un. C'était assez mouvementé, on s'est engueulé, on s'est pris dans nos bras... (rires).
Benjamin: La connexion avec Daniel s'est faite un jour où on a voulu l'interviewer pour un fanzine à nous, avec d'autres chanteurs des années 1980 comme Nicola Sirkis, etc... Après il est venu faire un duo avec nous au Printemps de Bourges. Un jour, il a vu Morrissey sur scène avec un groupe de jeunes jouer derrière lui, et il a eu envie de nous inviter sur sa tournée. J'ai commencé avec Antoine puis Nicolas nous a rejoint. On a fait une soixantaine de concerts derrière Daniel. L'idée du duo est revenue avec la tournée et Mathieu avait cette envie de travailler avec Daniel depuis un moment.

Quel est le programme à venir, une tournée ? Des festivals ?
Antoine: On a déjà commencé à préparer tout cela, on a une dizaine de dates durant l'été. Mais on va plutôt défendre cet album à la rentrée scolaire en fait, après les premiers retours sur l'album et ces quelques concerts.

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