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Rose : "Je n'ai pas l'air d'un cowboy !"

Yes, she did ! Révélée par le single "La Liste" en 2006, Rose est de retour avec un deuxième opus, recueil de trente années de vie, et dévoile ce qui se cache sous sa frange de trentenaire dans l'air du temps.

Guillaume Torrent le 02/11/2009 pour MusicActu

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Comment as-tu digéré le succès de ton premier opus et était-ce facile de se lancer dans l'écriture de celui-ci ?
La transition a été plutôt rude car on passe d'une tournée avec plein de monde à rien du tout et la nécessité de se lancer dans un deuxième album. C'est un peu une obligation, on prend un peu de temps, on réfléchit à ce qu'on aimerait bien pouvoir faire. Il y a quelque part une forme d'urgence mais on ne sait pas bien par quel bout il va falloir commencer.

"Les Souvenirs sous ma frange" est-il un titre particulièrement évocateur pour baptiser cet album ?
Il vient d'un titre de l'album et je trouvais qu'il reprenait bien tous les thèmes de ce disque, qui parle énormément du temps qui passe pour un jeune fille trentenaire, dans l'air du temps. Aujourd'hui, la frange est un petit peu à la mode et je trouvais que cela regroupait bien tout. C'est une phrase dont on ne connaît pas le sens mais on imagine très bien ce qu'elle peut bien vouloir dire.

Quelle était ton envie avec ce deuxième disque ?
Forcément, lorsque l'on commence un deuxième album, on essaie de ne pas refaire les mêmes erreurs que sur le premier. On en fait finalement d'autres au passage, c'est un peu contradictoire... Au départ, quand j'écris un nouvel album, je ne pense à rien, c'est un peu laborieux et j'essaie d'avoir des idées. On disparaît et on s'isole pour écrire des chansons. De fil en aiguille, des évènements plus ou moins douloureux sont survenus dans ma vie et j'ai réussi à me lancer dans l'écriture. Le plus gros du travail a été le studio car j'avais vraiment envie de quelque chose de très large. Je ne voulais plus du tout d'étiquette car on m'avait catalogué en tant que folk/country et je trouve que, quand on me regarde, je n'ai pas l'air d'un cowboy (rires).

Peux-tu nous parler de ta collaboration avec le groupe 1973 ?
C'est un jeune groupe pop versaillais dont le guitariste était sur ma tournée précédente et sera sur la prochaine. Ce sont des amis, tout s'est fait naturellement. Je composais mes chansons et je leur faisais écouter. Tout s'est imposé facilement, ils me conseillaient si bien que je leur ai demandé de réaliser l'album. Ils ont apporté quelque chose de très lumineux et très pop, comme je le voulais.

On retrouve toujours cette mélancolie, ce ton doux amer sur tes titres... Dans quelle mesure est-ce autobiographique ?
J'ai mis énormément de moi sur ce disque. Je pense donc que ceux que je n'intéresse pas ne vont pas acheter cet album (rires). Il retrace trente ans de mon existence. L'ancien était plus un instantané, une rupture, un état précis de tristesse et de chagrin profond. C'était ensuite un peu dur de le chanter sur scène car je n'étais plus dans cet état. Là, c'est un panel hyper large de tout ce que je suis, de ce que j'ai pu être, de ce que je sais faire... Quand j'écoute le précédent, j'ai l'impression qu'il a dix ans et que j'y faisais une espèce de démonstration inconsciente de mes talents. Là, j'ai été simplement plus droite.

Le single "Yes We Did" tranche un peu dans cet univers et est justement un instantané...
C'est une des chansons les plus légères. Elle attire l'oreille, elle est fraîche. C'est bizarre un single : c'est comme une vitrine pour que l'on rentre dans un magasin, et, à l'intérieur, il n'y finalement pas ce qui est exposé dehors. Il ne représente pas vraiment l'album, c'est un instantané de l'année 2008, un petit carnet de bord doux amer et ironique. C'est de l'autodérision car j'y glisse un peu de mon bilan personnel... Les gens pourront trouver de quoi il s'agit en cherchant.

Peux-tu nous parler de la tournée à venir ?
J'ai l'impression de ne faire ce métier que pour la scène, j'y ai goûté une première fois avec le premier album et c'est devenu une drogue. Quand certaines de mes chansons ne se prêtaient pas au live, je les éliminais directement. Je voulais beaucoup d'arrangements, que ce soit pop/folk et pas du tout rock ou country. Je vais récupérer des chansons du premier album dans ce style, comme "Julien", et garder les titres phares comme "Ciao Bella" et "La liste", qui est ma chanson porte-bonheur. Je pense que tout le deuxième album sera joué car je n'arrive pas à en éliminer.

Ressens-tu une attente particulière du public et du métier après le succès du premier album ?
Je préfère ne pas du tout y penser car c'est une des plus grandes trouilles de ma vie. Attendre de moi quelque chose que je ne donnerai pas au final me terrifie. Décevoir est ma plus grande phobie. Donc je ne veux pas y penser pour éviter d'angoisser (rires).

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