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Thirty Seconds to Mars après 9h d'interview !

De passage à Paris, Jared Leto et son guitariste Tomo Milicevic ont évoqué leur opus "This Is War". Entamant leur neuvième heure d'interviews, ils parlent avec humour des étranges moeurs du producteur, Flood.

Sonia Ouadhi le 21/12/2009 pour MusicActu

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Votre album s'intitule "This Is War". A qui déclarez-vous la guerre ?
Jared Leto : A chaque personne dans le monde !

Tomo Milicevic : "This Is War" est une formidable manière de décrire le son de l'album et notre état d'esprit pendant sa conception.

J : Nous avons vécu quelques années intenses. Il y a eu beaucoup de conflits et des périodes de challenges, car notre maison de disques nous poursuivait pour 30 millions dollars. Ce n'est pas une blague ! Nous avons dû nous battre. Ce disque évoque vraiment la survie et nous savions que nous devions délivrer quelque chose qui changeait tout pour nous. Je pense qu'il va surprendre beaucoup de gens. J'espère qu'il le fera.

Le son de cet album est très différent du précédent. Pourquoi un tel changement ?
T : Nous voulions simplement capturer le vrai son des instruments.

Et comment travaillez-vous généralement ?
T : Jared écrit les chansons. Lorsqu'il a une bonne idée, nous nous mettons ensuite à travailler ensemble. Il aime nous utiliser pour l'aider à faire des choix.

Jared, comment cela se passe-t-il lorsque tes collègues ne sont par exemple pas d'accord avec tes textes ?
J : J'écoute tout le monde, car je respecte leurs opinions. Je dois faire aussi confiance à mon instinct, mais je prends en considération les avis de tout le monde. A certains moments, je choisis seul les morceaux et je fais tous les choix créatifs, je prends de nombreuses décisions. Il y a d'autres périodes durant lesquelles il est difficile pour moi de faire des choix, mais j'aime lorsque c'est difficile ou lorsqu'il y a des doutes. J'utilise en fait cela comme un outil et je crée même parfois des doutes pour poser des questions et débattre publiquement des chansons. Je pense que l'on ressort des choses plus fortes après des débats.

Comment s'est passée la collaboration avec le producteur Flood ?
T : C'était génial. Flood est un génie et un scientifique. Il est totalement fou.

J : Il était très talentueux, je n'avais jamais vu cela. Étrangement, il aimait porter des perruques pendant qu'il travaillait. Des grosses perruques, des longues perruques, des perruques blondes. Je ne sais pas, c'était pour aller au-delà de lui-même et pour trouver le noyau dur. Il parlait beaucoup du "noyau". Si vous me connaissiez mieux, vous pourriez penser que je suis saoul. Je le suis, mais pas à cause de l'alcool, à cause du manque de sommeil !

Le premier single est "Kings and Queens". Pouvez-vous me parler de l'histoire de ce morceau ?
J : "Kings and Queens" est le premier single. C'était passionnant. Nous avons tourné un court-métrage inspiré par la chanson, qui s'appelle "The Ride". Actuellement, vous pouvez le regarder sur Youtube, en HD. C'était une aventure extraordinaire de mettre un monde visuel sur ce son. Il était temps pour nous de tourner à Los Angeles. Auparavant, nous avions fait un clip en République de Chine. Nous sommes aussi allés en Arctique et avons filmé un iceberg et des glaciers. Cette fois, nous étions prêts à être chez nous et allumer les caméras sur la cité des anges.

Est-ce que le visuel est autant important pour vous que le son, car tous vos clips sont très élaborés ?
T : Oui, je pense. Ils sont tous les deux importants, mais d'une manière différente. Nous sommes un groupe très visuel. Nous ne faisons pas que de la musique.

J : Je suis d'accord. Regarde cette barbe, regarde comme cette barbe est visuelle ! Je dirais que les éléments visuels sont aussi importants que la chanson elle-même. Certaines personnes considèrent les clips comme des publicités pour leur groupe. Je ne les considère pas comme cela. Je pense que c'est une opportunité d'enrichir l'expérience et faire avancer l'histoire.

Avez-vous des anecdotes sur le tournage de cette vidéo ?
T : Oui, il a plu durant tout le tournage !

J : Nous avons donc tourné à Los Angeles, la ville où il ne pleut jamais. Nous avons tourné ce court-métrage durant trois jours, trois nuits pour être précis. Et je ne sais pas pourquoi, il a plu durant les trois jours ! Juste pour nous ! Le premier jour, nous avons eu de la chance, car il faisait froid, mais il n'y avait pas encore de pluie. Le jour suivant, il y a eu du brouillard et cela a été brutal. Le troisième jour, nous avons décidé d'annuler le tournage pour le reporter à un autre jour. Généralement, après la pluie, il fait très clair, mais pas cette fois-ci ! Il y avait tellement de brouillard que l'on pouvait à peine apercevoir la ville. Lorsque le soleil est revenu, c'était un don du ciel ! En fait, avoir la ville ensoleillée avec toute la beauté des couleurs était un cadeau. Si aujourd'hui est une malédiction, demain sera une bénédiction. Souvenez-vous de cela les enfants !

Vos fans ont participé à cet opus. Comment cela s'est-il passé concrètement ?
T : Lorsque nous avons commencé cet album, nous évoquions énormément le fait d'apporter le côté live, l'énergie et l'esprit du spectacle. Jared a eu cette super idée d'inviter les gens à chanter sur le disque. Lorsque nous travaillions sur l'album, nous avions fait un tableau avec des notes sur les gens qui allaient chanter et participer. Quand nous en avions assez, nous avions fixé une rendez-vous et envoyé des invitations. Plus d'un millier de personnes sont venus à Los Angeles. C'était une expérience très intéressante. L'initiative a été un tel succès que nous avons eu l'idée de la proposer à des fans d'autres pays. Nous avons donc lancé le concours sur Internet avec le "Digital Summit".

J : C'était une expérience surprenante et très belle.

T : C'est devenu une part importante de cet album.

Vous avez fait appel à vos fans pour ce projet, mais vous plus jeunes, quelles étaient vos idoles ?
J : Jean-Michel Jarre ! C'est mon artiste préféré, mais je ne peux pas choisir une chanson, c'est trop difficile ! Je refuse de le faire (rires) !

Quels sont vos projets pour la suite ?
J : Nous allons jouer à Bercy en mars et dans d'autres villes comme Lille. Le concert de Bercy sera une soirée très intime et merveilleuse, et nous ferons le show pour le public.

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