Corneille
Son album "Parce Qu'On Vient de Loin" arrive cette semaine dans les bacs. Il sera prochainement en tournée avec en prime une grande scène à Paris. Rencontre avec Corneille.
Tu t'appelles Corneille, est-ce ton vrai nom ? Est-ce que cela a un rapport avec le célèbre auteur ?C'est mon vrai prénom ! Sur mon passeport, c'est Corneille. Ca n'a pas de rapport ni avec l'écrivain, ni avec le peintre. En fait, à la naissance, mon nom est Cornélius, mais à l'école primaire, j'ai décidé de changer ça. J'ai décidé de traduire Cornélius par Corneille, ça sonnait mieux. Tout le monde s'appelait Christian, Roger... et moi, j'arrivais avec Cornélius, ça craignait un petit peu ! Depuis, Corneille est resté mon prénom et sur tous les documents officiels, c'est Corneille.
Tu as commencé très tôt dans la musique. Quel a été le déclic qui t'a poussé vers cette voie ?
Il n'y a pas eu de déclic, il n'y a pas eu d'élément déclencheur, ça c'est passé tout seul, naturellement. J'ai toujours eu un goût assez développé pour la musique. Dès le plus jeune âge, vers douze, treize ans, j'ai commencé à écrire et à chanter dans des groupes. Ca a vraiment démarré comme ça, le reste s'est fait ensuite, petit à petit. Au départ, j'ai commencé avec des potes du lycée au Rwanda (NDLR : Corneille est originaire de ce pays). On faisait des reprises de Boyz II Men, de Jodeci, de tous les groupes new jack de l'époque. Après, on a poursuivi en écrivant et en composant.
Le public français t'a découvert pour la première fois sur la scène des Francofolies de La Rochelle. Ensuite, tu as participé à la compilation "Hip Hop Folies" avec le titre "Si Seulement On S'Aimait". Quelle a été la connexion avec les gens des Francofolies ?J'ai un ami, Fabrice Atchinak, qui était à Montréal pour affaire. On s'est rencontré, le courant est bien passé, on a développé une amitié qui est allée au-delà du business. Il connaissait Ambre Foulquier qui a écouté de que je faisais et qui a bien aimé. Ensuite, cela a fait boule de neige. Je me suis retrouvé aux Francofolies et j'ai eu la demande de faire ce morceau sur "Hip Hop Folies".
Avant de commencer ta carrière solo, tu as fait partie de plusieurs groupes dont One, au Canada. Quel a été ton parcours avec ce groupe ?
Je suis arrivé au Canada en 97 et là, j'ai rencontré deux autres chanteurs avec qui j'ai formé One. On a commencé à faire de la musique en anglais, puis un peu plus tard on a décidé de faire de la musique en français. Au départ, le milieu du disque était un peu réticent par rapport aux artistes locaux qui s'exprimaient en anglais. On était tous les trois francophones et on a eu un succès radio. On a eu un top 10 airplay au Canada avec le titre "Zoukin'". Ca m'a ouvert beaucoup de portes en tant qu'auteur compositeur auprès des médias. On est resté ensemble jusqu'à ce que je décide de faire une carrière solo.
Pourquoi as-tu justement décidé de faire une carrière solo ?
| je voulais exprimer des opinions qui me sont très personnelles, parler de mon vécu et faire un album un peu autobiographique |
Dans cette aventure, la signature avec Wagram, ta maison de disques, pour ce premier album a-t-elle été difficile ?
Non, pas du tout. Francis Julien, le directeur général de Wagram était de passage à Montréal. Il a vu mon clip qui passait à la télé et ça l'a intéressé. Par la suite, je lui ai envoyé mon album en pré prod, il a craqué et on a signé deux mois plus tard !
Ce premier album s'appelle "Parce Qu'On Vient De Loin". Pourquoi as-tu choisit ce titre ?"Parce Qu'On Vient De Loin" est un des morceaux de l'album. J'ai choisi de garder ce titre-là pour l'ensemble de l'album et je l'ai choisi pour deux raisons. Tout d'abord, c'est un titre qui explique très bien la raison d'être de tous les thèmes qui sont traités sur l'album. Pour chaque chanson que j'ai écrite, tu peux poser la question : "Pourquoi ?". A chaque fois, la réponse est : "Parce Qu'On Vient De Loin". Ensuite, d'un point de vue plus musical, c'est le titre qui représente le mieux mon univers musical.
Au cours du génocide rwandais qui s'est déroulé en 1994, toute ta famille a été exécutée, tu es le seul survivant. Cet album t'a-t-il aidé à surmonter tout cela et à continuer à avancer ?
Oui, l'écriture de l'album a été un processus très exutoire. La musique, c'est ce qui m'a poussé à aller plus loin et à rester fort.
| Je me suis libéré de beaucoup de choses et c'est vrai que ça m'a beaucoup aidé |
Cet album est donc très personnel et très autobiographique. Parmi les quatorze tires, il y en a un particulièrement fort que tu viens de citer, le titre "Seul Au Monde". Peux-tu nous en parler ?
"Seul Au monde" est l'expression d'un moment, d'un état d'esprit dans un moment bien précis. Je suis un solitaire, mais je suis quelqu'un de bien entouré. C'était l'expression d'un état d'esprit à un moment précis où je me suis rendu compte qu'on est toujours amené à se retrouver seul avec soi-même. Quel que soit le support que l'on puisse trouver, dans notre entourage, il arrive toujours un moment dans sa vie où on est mal compris, même par ceux qui nous sont les plus chers, ou alors un moment où l'aide affective ne marche pas, ne t'apporte rien. Il arrive des moments comme ça dans la vie où l'on est confronté avec soi-même et les quatre murs qui nous entourent et c'est tout. Ce titre correspond à un moment précis dans ma vie mais ce n'est pas un état d'esprit permanent.
Justement, dans cet album, il y a des titres avec des thèmes assez durs et puis d'autres plus légers... Quelle était ton intention en faisant ce mélange ?
Si on veut qu'il y ait thérapie, il faut la cohabitation des deux. Je voulais le côté profond pour que les gens qui n'ont pas connu tout cela soient remis dans un contexte bien précis et qu'ils comprennent pourquoi je traite de ces thèmes-là, qu'ils comprennent que se sont des choses que j'ai vécues.
| Après chaque mauvaise étape dans la vie, on s'en sort |
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