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J.A.H.O

Leur premier album éponyme sortira le 2 février prochain. Le grand public est en train de les découvrir avec le single "Si Pour Te Plaire". Rencontre avec Cyril, le chanteur du groupe J.A.H.O.

Olivier Delay le 12/01/2004 pour MusicActu

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La première chose qui frappe chez J.A.H.O, c'est le nom lui-même. Quelle est la mystérieuse signification de J.A.H.O, quelle est l'origine de ce nom ?
En fait, J.A.H.O, c'est tout simplement un nom d'un personnage. Moi, je jouais beaucoup sur des jeux sur internet on line. Je jouais à un jeu, Everquest Heroic Fantasy, et c'est le nom d'un personnage que j'avais créé. Je trouvais que ça sonnait bien. Je l'ai donc proposé aux autres membres du groupe et ils m'ont dit : Ok, allons-y ! C'était simple et puis, en plus, le fait de mettre des points entre les lettres fait poser des questions. Mais, ça n'a aucune signification, c'est uniquement le nom d'un personnage virtuel.

Peux-tu présenter les différents membres du groupe ?
J.AH.O, c'est un trio. Il y a Diego à la batterie, Fred à la basse et moi, Cyril à la guitare et au chant. Il y a aussi un quatrième membre du groupe. Il n'est pas avec nous sur scène parce que la formation que l'on a choisie correspondait plus au style musical. Il s'agit de Christophe Battaglia avec qui on écrit les chansons et avec qui on a enregistré et réalisé l'album.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?
On s'est tous rencontré, il y a deux ans, deux ans et demi. Avant, on était dans une formation qui s'appelait Big Sonic avec Christophe, toujours un trio. Avec Fred et Diego, on s'est rencontré plusieurs fois sur des concerts. Avec Diego, on avait joué ensemble alors que l'on accompagnait Carole Fredericks et avec Fred, on s'était rencontré sur une scène lors d'un concert d'Anggun. A l'époque, je leur avais dit : Dans deux ans trois ans, je vais sûrement faire un projet. Et puis, je les ai rappelés et ils m'ont dit OK ! On a alors commencé à jouer ensemble et à travailler sur les chansons.

J.A.H.OAvant de fonder J.A.H.O, quel a été ton parcours musical ?
Au départ, j'ai appris la guitare. Après, j'ai déménagé sur Paris et j'ai commencé à faire beaucoup de séances de studio avec des artistes comme Tina Arena, Garou, Isabelle Boulet, j'avais fait des choses pour Solidays aussi. J'ai fait beaucoup de séances de studio et beaucoup de scène, justement avec Angunn, Carole Frédericks, Faudel. J'ai fait ça pendant cinq ans. Ca a été assez rapide et intense.

Que retires-tu de cette expérience ?
C'est une expérience qui m'a beaucoup amené sur le plan personnel et, bien sur, professionnel au niveau de la régularité. Ca m'a permis de m'améliorer au niveau guitaristique et de me mettre vraiment au service des chansons. Je pense que, maintenant, ça me sert beaucoup sur J.A.H.O.

Tu as aussi travaillé avec Christophe pour les créations d'autres artistes. Sur quels types de productions avez-vous collaboré ensemble ?
Effectivement, avec Christophe, on écrit souvent des chansons ensemble. On a écrit des chansons pour Yannick Noah sur le premier album et sur le deuxième. Avec Christophe, ça fait plus de dix ans que l'on se connaît et on a toujours composé des chansons ensemble.
On s'est aussi retrouvé sur l'album de France d'Amour.

Pourquoi as-tu opté pour une carrière avec un groupe et pas une carrière solo ?
Moi, c'est un rêve que j'ai toujours eu depuis que j'ai quatorze quinze ans ans.
J'ai toujours voulu avoir un groupe
J'ai toujours voulu avoir un groupe, j'en ai fait plusieurs. J'ai toujours voulu faire ça avec un groupe et pas en tant que chanteur solo accompagné de musiciens. Les échanges ne sont pas les mêmes et musicalement, je pense que, pour moi, ça m'apporte beaucoup plus, ça me rend plus fort.

Comment la conceptions de ce premier album éponyme s'est-elle déroulée ?
Tout a démarré en octobre 2002. On avait trois quatre chansons et on s'est dit qu'on allait démarcher le projet. On a pris contact avec Fabrice notre manager et il est allé au Midem. Il a rencontré une personne de notre future maison de disques. Il lui a fait écouter le CD et à partir de là, tout est allé très vite. Au mois de mai, on était en train d'écrire l'album, en juin, on a attaqué la pré production, on a tout mis en place, on a répété les chansons, on a essayé de leur donner une originalité. Les deux premières semaines de juillet, on a fait l'enregistrement des batteries. Après, on a fait une semaine de basse et enfin, pendant quinze jours, on a fait toutes les guitares et les voix. Au mois d'août, on a fait le mixage et en septembre, on est allé le masteriser à Portland chez bob Ludwig. Ca correspondait bien au son qu'on voulait. Bob Ludwig a fait Nirvana, Bruce Springsteen. Musicalement, l'album a été fin prêt depuis début octobre 2003.

Cet album va sortir le 2 février. Il comportera onze morceaux. Quel va être sa couleur musicale et quelles sont les influences musicales du groupe ?
Pour nos influences, au départ, il y a U2, Nirvana, Police, un petit côté Placebo. Moi, depuis toujours, quand j'étais jeune, j'écoutais Bon Jovi pour la voix, j'étais très fan. Là, l'album tel qu'il est aujourd'hui, je pense que c'est un bon mélange entre du U2 et du Nirvana. Il y a de la violence et il y a du côté pop. Sur scène, c'est encore plus costaud, c'est plus brut.

Tu as fait appel à un parolier : Gildas Arsel. Comment l'as-tu choisi et comment avez-vous travaillé ensemble sur l'écriture des textes ?
Sur cet album, j'ai fait trois textes tout seul : "Si Pour Te Plaire", "Quelqu'un", "et J'ai Eu Tort". Avec Gildas, ça fait longtemps que l'on s'est rencontré, on est plus que des amis.
Il a vraiment bien su retranscrire ce que je ressentais à ce moment là
Quand je lui ai parlé de J.A.H.O, il m'a dit : moi, ça me branche, si tu as un souci, si tu as besoin de quelqu'un pour les textes, appelle-moi. Finalement, je l'ai appelé, je lui ai dit, j'ai fait trois textes, pour certaines chanson j'aimerais bien que tu mettes ta patte dessus. Il a vraiment bien su retranscrire ce que je ressentais à ce moment là. Il a fait un morceau, puis deux, puis trois et je lui ai dit : Ecoute, moi, ça me convient, c'est exactement ce que je veux, donc on ne change rien et on continue.

Sur cet album, on trouve un morceau qui s'intitule "J'Y Etais". Peux-tu expliquer ce morceau ?
"J'Y Etais", c'est simplement l'histoire d'un couple où sa femme lui dit : Lâche un peu cette guitare. C'est l'histoire de quelqu'un qui passe tellement de temps à faire de la musique et à être dans son univers qu'il oublie de penser aux gens qui sont autour de lui. La personne qui vit avec lui le lui rappelle et lui dit : Délaisse un peu tout ça, je suis là. Dans le refrain, ça fait : " J'y étais mais les accords s'abîme, j'y étais mais la pièce à manquer pour faire la machine avancer "J'Y Etais", c'est vraiment la quête du compositeur à la recherche de la chanson absolue. C'est un rapport à son travail et à sa relation personnelle avec sa copine.

Tes textes sont-ils toujours autobiographiques ?
Mes textes sont pratiquement autobiographiques ! Mes textes sur cet album, c'est sur ce que j'ai vécu sur l'année qui s'est écoulée. Effectivement, je peux dire que c'est autobiographique, c'est du vécu, tout est vécu !

J.A.H.OQuels sont tes morceaux préférés sur ce premier album et pour quelles raisons ?
Pour moi, j'ai deux titres qui m'ont marqué. C'est "Drôle de Fille" et "Toi Qui Sais"
Là encore, c'est par rapport à ce que j'ai vécu, par rapport aux personnes que j'ai rencontrées à l'époque. Pour "Une Drôle De Fille", c'est ça. Elle arrive, elle est venue et elle est repartie. Ca a été un moment intense, très court et elle est partie comme ça. Pour "Toi qui Sais", c'est la façon dont elle a été écrite. J'étais à l'autre bout du monde et je me suis réveillé à six heures du matin. Le soleil se levait, j'ai pris la guitare et j'ai écrit la chanson. Elle est venue instantanément. Je suis rentré en France, j'ai dit à Gildas : Pour ce texte là, j'aimerais que tu puisses écrire quelque chose à propos d'une séparation, mais sans tomber dans du trop facile. Sur scène, quand je joue "Toi qui Sais", et "Drôle De Fille", pour moi, c'est assez émouvant de les chanter.

De quelle manière composes-tu ? As-tu besoin de conditions particulières ?
J'ai besoin d'être à un endroit différent de là où je suis d'habitude. Ca, c'est obligatoire. C'est pour ça que j'aime bien partir dans un autre pays, n'importe ou, dans un lieu différent pour voir des choses, pour rencontrer des personnes. Ce sont ces expériences là qui font que ça m'inspire. Je suis quelqu'un qui peut écrire une chanson en cinq minutes. Mais en même temps, ça peut aussi me prendre un mois, un mois ou plus à travailler dessus, à la peaufiner, c'est assez aléatoire. Mais le truc, c'est que j'ai vraiment besoin de le faire dans un lieu différent, voir sous des climats différents.

J.A.H.OJe crois que la scène est importante pour toi. Y-a-t-il déjà des concerts en prévision ?
Pour l'instant, il n'y a pas vraiment de tournée, c'est un peu tôt. Mais, on a quelques concerts de prévus. Je crois qu'on va jouer le 4 février à Martigues. On doit aussi faire une cession acoustique avec Oui FM courant février. Là, on est en promo, on va donc faire beaucoup de radio, de show case acoustique. Les gros concerts électriques, ce sera pour plus tard. Mais, avec le groupe, on a fait déjà pas mal de concerts. On en a fait à Marseille, on vient de Marseille, c'est une région qui nous accueille grand ouvert.

Le single "Si Pour Te Plaire" passe en radio, l'accueil du public semble bon, c'est le premier album. A quelques jours de sa sortie, comment vis-tu tout ça ?
Comme tout artiste, je suis inquiet, mais c'est vrai que je suis aussi assez content car, effectivement, l'accueil est plutôt positif. Le clip passe déjà en télé. En fait, je suis inquiet et en même temps excité, comme un enfant.

Tu évoquais le clip qui illustre le single "Si Pour Te Plaire". A quoi ressemble-t-il ?
Ca se passe dans un vieux squat désaffecté. Au départ, on est prisonnier dans des télés. Chaque télé est positionnée à proximité de l'endroit où les musiciens doivent jouer, près de la batterie, près de l'ampli. On est prisonnier dans les télés et on passe le début du clip à essayer de sortir de ses télés. A la fin, on sort des télés, le groupe apparaît et on joue tous ensemble. A la fin, c'est la destruction totale, il y a des explosions, c'est électrique.

Quels sont tes objectifs et tes rêves pour le destin de J.AH.O ?
On est déjà en train d'écrire des nouvelles chansons pour le prochain album dans une optique qui sera proche de ce que l'on fait déjà. Ce sera peut-être un peu plus rock, je ne sais pas, mais je pense que ça variera surtout dans la méthode d'enregistrement de l'album.
On fait du rock et le rock passe par la scène. Ce n'est pas de la télé réalité
On va essayer d'autres choses, on va s'isoler plus, on va travailler plus ensemble, on va s'investir plus dans le son. Le but, c'est de faire mieux à chaque fois. Et puis, dans le groupe, on a tous le même rêve : Pouvoir jouer 150 dates par an, faire des grosses salles, jouer dans des salles de 6000 à 7 000 personnes, voir même Bercy. Moi, je l'ai fait deux trois fois avec des artistes, c'est quand même des salles très impressionnantes. L'amour et l'énergie que donne ce public là, je trouve ça bien. On a ce rêve là, mais on sait qu'il faut commencer dans les petits clubs où l'on met trente personnes. On sait qu'il faut d'abord commencer par créer notre public. Mon rêve, ce serait d'emmener J.A.H.O à un point où l'on puisse jouer devant beaucoup de personnes parce que c'est un groupe qui passe par la scène. On fait du rock et le rock passe par la scène. Ce n'est pas de la télé réalité.

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