Pleymo
"Rock", leur dernier album vient de sortir dans les bacs. Ils sont en tournée dans toute la France et, entre autres, à l'Olympia le 7 février prochain. Rencontre avec Fred, le batteur du groupe Pleymo.
Pleymo est composé de six membres : Mark, chanteur, Benoît bassiste, Davy guitariste, Eric guitariste, Franck DJ et moi-même, Fred, batteur. C'est Mark qui écrit les textes et nous composons la musique de Pleymo, tous ensemble, tous les six. Pleymo a effectivement commencé en 1997. Mais, auparavant, Pleymo est né de la fusion de deux groupes qui s'appelaient Tangerine et Milk. Mark évoluait dans Tangerine comme guitariste et moi comme batteur. Benoît et Mathias, un ancien guitariste de Pleymo officiait dans Milk. Nos deux groupes se sont séparés en 97. Comme on se connaissait depuis longtemps, on s'est dit : Pourquoi ne pas faire de la musique ensemble ? Voilà comment est née la première mouture de Pleymo. Ensuite, Eric est arrivé accompagné de Franck aux platines. Mathias a quitté le groupe pour poursuivre ses études et Davy nous a rejoint pour le remplacer.
Quelle est l'origine du nom du groupe ?
Ca, c'était un soir, il y a sept ans. La moitié du groupe, Mark, Benoît et moi, nous nous connaissons depuis pas mal de temps, on a été en cours ensemble en à partir de la troisième. Un soir, on buvait des coups avec un ami d'enfance. Il avait retrouvé une photo de Mark plus jeune et il a dit : Quand tu étais petit, tu avais une coupe de Playmobil. Le nom est né comme ça. On s'est dit : "Playmobil", c'est un pur nom pour notre groupe. Comme à l'époque, on cherchait un nom, on a opté pour ça. Ensuite, ça s'est transformé en "Playmo" pour finalement devenir "Pleymo".
Après " Keçkispasse" et "Episode II Medecine Cake", votre troisième album est dans les bacs depuis quelques semaines. Moins métal et plus rock, pourquoi une telle évolution par rapport aux albums précédents ?
Ce troisième album, c'est effectivement une évolution, c'est une autre facette du groupe. Au sein de Pleymo, on est tous les six à composer et on est six personnalités différentes. On a tous des influences diverses et variées. "Episode II, Médecine Cake" représentait une facette de Pleymo.
| Ce que l'on voulait, c'était se faire plaisir et quand on fait de la musique c'est important |
Cette évolution est-elle définitive ou est-elle spécifique à cet album ?
Ben... Vu qu'à chaque fois on aime surprendre et se surprendre nous-même, pour l'instant, on ne sait pas ! Pour l'instant, ça reste spécifique à cet album, mais je ne sais pas à quoi pourra ressembler le prochain, c'est un mystère.
Ce nouvel album s'appelle "Rock", "Rock", c'est un personnage. Peux-tu expliquer le concept de cet album ?Rock, c'est un petit garçon de neuf ans qui est aveugle, schizophrène et aussi un peu surdoué. Il s'est inventé un double imaginaire qui s'appelle Injall. En fait, tout ce que raconte Rock dans l'album, ce sont les choses qu'Injall a pu voir ou ressentir. Rock étant aveugle schizophrène et surdoué, il reste cloîtré dans sa chambre tous les jours. Il n'a donc aucune vision du monde. Toute la vision du monde qu'il a, c'est son imagination et celle de ce personnage, Injall, qu'il a inventé et qui lui raconte ce qu'il voit au dehors.
Comment est née l'idée de créer ce personnage ?
C'est un truc tout bête. Quand tu as trois quatre ans, que tu joues et que tu es tout seul chez toi, tu t'embêtes. Alors, tu t'inventes un ami imaginaire. Les parents de Mark lui ont rappelé que lorsqu'il était petit, il avait fait ce truc là et l'idée est partie de là. On a eu plusieurs sources d'inspiration. On s'est également inspiré du bouquin de Céline, "Voyage Au Bout De La Nuit", pour le côté voyage et aventure.
Cette inspiration, on l'a retrouve aussi dans le morceau "Laugh Calvin". D'où vient cet intérêt pour cet écrivain ?
"Laugh Calvin", c'est la chanson un peu coquine de l'album. En fait, on ne cautionne pas du tout ce que Céline a pu faire ou ce qu'il a pu dire et écrire. C'est surtout ce bouquin en particulier, "Voyage au Bout de La Nuit" qui nous a intéressés. L'intérêt de ce livre, c'est qu'il creuse énormément les rapports humains et ce qu'est l'homme en réalité. L'intérêt est surtout venu de là.
Pleymo s'est souvent illustré par ses pochettes d'albums avec une implication, réelle des membres du groupe. Comment a été réalisée la pochette de "Rock" et pourquoi avez-vous décidé d'y accorder tant d'importance ?
Mark a bossé dessus avec une autre personne. Quand il a fait la pochette, on était en train d'enregistrer l'album à Bruxelles. Mark a réalisé tous les dessins, le graphisme, toute la direction artistique.
| Nous, on aime ce côté là : Lier la musique à l'image et créer notre propre univers |
Comment s'est déroulée la conception de ce troisième album ?
En fait, on a terminé notre tournée, "Episode II, Medecine Cake" en décembre 2002. Dès janvier 2003, on s'est enfermé dans notre local de répétition pour composer jusqu'à fin mars. Ensuite, on a maquetté une première mouture de l'album et on a rebossé un peu dessus. En juillet et en août, on est parti l'enregistrer au studio ICP à Bruxelles en Belgique avec derrière à la console Erwin Autrique.
Pour quoi avez-vous décidé de faire appel à lui et de quelle manière avez-vous travaillé ensemble ?On avait déjà eu sur "Episode II, Medecine Cake" l'expérience d'un producteur qui s'investit pleinement dans la musique du groupe. Là, on avait envie de bosser la production de l'album en amont. On, a donc essayé différents ingé son et Erwin se trouvait être la personne la plus à l'écoute. Quand on l'a rencontré, ça s'est tellement bien passé qu'on a dit : c'est lui ou rien. On a fait les prises de son ensemble. Pour le mix, il bossait le matin tout seul dans son coin pour ne pas nous avoir tous les six derrière son dos toute la journée, sinon il serait devenu fou très rapidement. A la fin de la matinée, à l'heure du déjeuner il nous appelait pour venir écouter. Il nous laissait des petites feuilles pour qu'on mette tous nos commentaires, nos remarques. Il revenait et on lui en faisait part. Le travail s'est fait comme ça, à deux, lui Erwin et nous. On a avancé chacun de notre côté jusqu'à ce que les deux parties soient contentes du mix.
Mark écrit les textes, des textes plus construits et plus riches que ceux des albums précédents. Ou a-t-il trouvé son inspiration ?
Mark a fait un gros travail sur son écriture. Sur la majorité des textes, il s'inspire de son vécu. Par exemple, sur un titre comme "L'Insolent" qui parle du regard des gens pas très tolérants sur les jeunes actuellement, ça, c'est du vécu. Quand on allait en cours, on était la bande de chevelus au fond de la classe et tout le monde nous regardait de travers. Ensuite, sur des chansons comme "Divine Excuse" qui parle de religion ou de "Modaddiction" qui parle de télé réalité, c'est la même chose. Ce sont à chaque fois des sentiments et des sensations.
"Modaddiction" s'en prend à la Star Accademy. Qu'est-ce qui vous a motivé à faire ce titre ?
Ce morceau évoque plus largement la télé réalité en général car il n'y pas que la Star Accademy. Il y a un truc par exemple qui m'a outré la semaine dernière, c'est l'émission "On A Changé Nos mamans". Je trouve ça lamentable. Ce que l'on dénonce dans ce titre c'est une forme de sacralisation de la télé. Tout ce qui passe à la télé est sacralisé. On devient star en deux secondes, or ce n'est pas comme ça la vraie vie.
| On pourrait leur dire : Mets-toi un nez rouge et va faire le clown tout nu avec une plume dans le cul, ils le feraient parce qu'ils vont passer à la télé |
Si La Star Accademy invitait Pleymo à se produire en prime time à 20 H 30 sur TF1. Est-ce que vous accepteriez ?
J'ai deux réponses possibles. La première : C'est non. Et la deuxième : Si on chante "Moddadiction", pourquoi pas. Ce serait un bon retour de manivelle !
"Divine Excuse", une chanson au coeur de l'actualité, évoque la religion. Qu'avez-vous souhaité dénoncer avec ce morceau ?La montée de l'intégrisme religieux nous fait énormément peur. Quand tu vois comment ça se passe dans le monde actuellement, ce n'est pas très joli. Et puis, il y a un problème avec la religion. La foi, c'est un truc très personnel et ce n'est pas fait pour pourrir ton voisin. Or, c'est un peu ce qui se passe en ce moment...
Dans le morceau "Kongen" qui signifie Racine en japonais, vous chantez avec de vielles connaissances : "Enhancer". Pourquoi les avoir invité sur ce titre et peux-tu expliquer les liens qui vous unissent ?
A la base, il y a six ans, on a rencontré Enhancer, on était en vacance. Il y avait une bande de chevelus sur la plage qui poussait des cris, c'étaient eux. Ils nous ont vus, on était aussi une bande de chevelus qui poussaient des cris. On a donc regroupé les deux bandes de chevelus et on a passé les vacances ensemble. A l'issue des vacances, on s'est dit : On est devenu super potes, on kiffe la musique, pourquoi on n'essaye pas de monter des choses ensemble. On a donc créé un collectif qui s'appelle Team Nowhere. Ce collectif regroupe aussi les groupes AqME, Wunjö. Ensuite, quand on a sorti notre premier album, les Enhancer et Wunjö ont participé sur certains morceaux et sont venus chanter avec nous. Après, sur les albums de chaque groupe du collectif, il y a des petits featurings : Sur l'album des Enhancer, c'est Mark qui est venu chanter, sur l'album de Wunjö, les Enhancer sont venus chanter. Le collectif, c'est pour partager notre passion avec nos potes.
Ce collectif Nowhere pourrait-il aller vers une association plus importante pour l'avenir, par exemple, un album au nom du collectif ?
On a souvent beaucoup d'idées, mais pas le temps pour les faire. Un album au nom du collectif, on en avait déjà parlé, il y a deux ans.
| On a souvent beaucoup d'idées, mais pas le temps pour les faire |
Pleymo vient de débuter une grande tournée. Quels sont les grands rendez-vous ? Que va-t-il se passer sur scène ?
Dans les grosses échéances, on part au Japon la semaine prochaine, on joue à Osaka et Tokyo. Ce sera un gros plateau avec Evanescence, Korn, ça va être l'halu totale. On va être à l'Olympia le 7 février et une semaine après le 14 février, on est à Bercy avec Placebo, Ben Harper, Eagle Eyes Cherry, Tarmac et Indochine pour le "Europe 2 Live". Pour la tournée, il y a un paquet de concerts. Là je suis à Belfort, hier soir on était à Strasbourg, demain soir on sera en suisse. Ca enchaîne pas mal, on a en moyenne cinq concerts par semaine. C'est un gros show, on joue assez longtemps sur scène, entre une heure et demi et une heure quarante cinq. C'est très énergique, très bon esprit, ça saute dans tous les coins, mais avec un très grand respect entre les gens dans le public. Enfin, dans les villes où l'on joue et où il y a une FNAC, on fait des show case dans l'après midi avant les concerts. A chaque fois, on joue trois à quatre morceaux en acoustique.
Pleymo va se produire au Japon. Vous avez rencontré là-bas un réel succès. Comment s'est construit ce succès ?Ce succès au japon, ça nous a fait halluciner ! En fait, notre premier départ au Japon a été un gros coup de hasard. Il y avait un gros tourneur japonais qui était en France au moment de la sortie d'"Episode II, Medecine Cake". Quand il est arrivé en France, c'était l'époque où l'on faisait les couvertures de Rock & Folk et Rocksound. Lui, il ne connaissait pas du tout de groupe français. Il est tombé sur les couvertures des magazines et il s'est intéressé au truc. Il a vu qu'on baignait dans une atmosphère très manga, très japonais, ça l'a intéressé, il a écouté et ça lui a plu. Il a pris le numéro de téléphone qui était inscrit sur l'album, c'est le numéro de téléphone de notre management. Il a appelé en disant : ça m'intéresserait que Pleymo vienne jouer au Japon. On a tous halluciné ! Le jour du départ, même dans l'avion, je n'y croyais pas ! J'y ai cru quand on est arrivé sur le site du festival. Voyant qu'il y avait un tourneur japonais qui pouvait nous offrir des dates, la maison de disques japonaise a bien voulu sortir l'album et coup de chance, ça a bien marché. Les Japonais adorent la culture française et voyant un groupe français qui adore la culture japonaise, ça a été la grosse rencontre.
Quel sont les projets pour 2004 ?
A court terme, il y a notre nouveau single "Moddadiction". Normalement, on tourne le clip la troisième semaine de février, après Bercy, si tout se passe bien. Ensuite, la tournée reprend, puis il va y voir les festivals d'été. Enfin, il y a le Zénith de Paris en tête d'affiche le 5 novembre et une suite à la tournée qui devrait nous amener jusqu'à la fin de l'année. Puis après, on verra, on commencera peut-être à réfléchir à un quatrième album !
> Pleymo sur le net : www.pleymo.net





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