Bob Sinclar
"Bob Sinclar Around The World", le CD et le DVD Best of sortiront le 25 mai. En attendant, le pape de l'électro entame en avril une tournée dans toute la France. Rencontre avec Bob Sinclar.
Je sors une espèce de "best of" avec des inédits, le tout mixé. Ce que j'avais fait à l'époque pour Cerrone, avec le catalogue Cerrone, je vais le faire pour moi avec des rééditions, des remix, des nouvelles choses. Ce sera comme si je mixais tous mes titres dans un DJ set. Pendant, une heure et demi, il n'y aura que des morceaux à moi, tout ce que j'ai fait depuis sept ans avec des nouveaux titres. Il y aura le nouveau Salomé de Bahia, un nouveau single, un morceau avec Ron Carroll, enfin pas mal de nouvelles choses. Je pense que les gens ont besoin de choses différentes d'un album : des mix de DJ plus des images. Ils ont envie de voir ce qui se passe derrière et c'est ce que je vais aussi leur offrir. Le DVD contiendra donc toutes mes tournées, enfin plus exactement, une tournée mondiale que je fais régulièrement tous les deux ans avec toutes les petites anecdotes derrière, quasiment que du back stage. En gros, c'est une vie de DJ avec beaucoup d'humour, on ne se prend pas au sérieux. La colonne vertébrale, c'est une interview et ensuite, je mets en image cette interview avec des DJ set, du back stage, du studio et puis les clips, les macking of et le live.
Parallèlement, tu es également en tournée dans toute la France...
J'ai pris le prétexte du DVD pour dire, je fais une tournée. Là, j'ai commencé depuis ce week-end. Pendant un mois et demi, je ne vais faire que des dattes en France dans les villes importantes. Ca va être pour moi l'occasion de tester de nouvelles choses. Depuis six moi, je suis en studio pour préparer cet été. L'été, c'est la période où la dance musique est plus écoutée et c'est là que l'on a besoin de choses dans les clubs. Tous les DJ font leur grosse tournée, ils suivent le soleil : Ibiza, la Grèce, l'Espagne, la France... C'est donc important de produire des titres pour cette période là. Enfin, je fais une date sur Paris le 18 juin, je serais au Queen
Comment va se dérouler cette tournée ? Je suis tout seul, en DJ, comme d'habitude. En France, on n'a pas beaucoup de budget et en plus, c'est très difficile de jouer. Les gens n'ont pas cette culture club avec cette curiosité des sons que tu peux avoir en Belgique. Résultat, tu es obligé de formater un peu ton set. Maintenant, moi, j'ai un son assez funky donc les gens réagissent bien. Et puis, il y a aussi le côté événementiel, le côté Bob Sinclar. Je ne te cache pas que j'ai réussi à installer une image, un nom qui est là et ça, ça joue aussi dans les clubs. J'ai rarement ressenti que les gens quittaient la piste quand il y avait un morceau qui ne leur plaisait pas et c'est agréable.
Les gens connaissant tes albums, mais ils ne savant pas toujours que tu es aussi fondateur et patron du label Yellow...
Effectivement, ce label m'appartient à 100%. Je mène ce label avec cinq personnes avec plein de productions. La musique c'est ma passion. Je ne travaille pas toute la journée sur Bob Sionclar, bien heureusement. Ce qui m'intéresse c'est bosser du jazz, de la musique brésilienne, de l'électro, j'ai envie de faire plein de choses.
Justement, peux-tu expliquer quelles sont les activités de ce label et de quelle manière l'as-tu créé ?
Yellow, c'est un label que j'ai monté en 94, on fête les dix ans cette année. A la base, je l'ai monté avec DJ Yellow, on était deux. J'ai voulu monter ce label pour produire ma musique. Tout de suite, je me suis caché derrière des pseudos parce que je n'avais pas envie de me mettre en avant. J'ai voulu créer une dynamique de label avec Mighty Bop, Reminiscence Quartet, La Yellow 357, plein de petits concepts que je créais, plus ou moins acid jazz, trip hop, toutes les musiques qui me faisaient vibrer à l'époque.
| Ce sont des musiques qui sont "underground" mais qu'on veut donner au grand public |
Pour y parvenir, quelle stratégie particulière utilises-tu sachant que la musique électronique est effectivement un secteur un peu particulier dans l'industrie musicale ?
Aujourd'hui, quand je sors un single à moi, je l'envoie directement au radio. Maintenant, quant tu sors un album, tu es obligé d'avoir un single qui passe en radio pour pouvoir le supporter. Mais, quand tu as des choses plus pointus comme par exemple Tom & Joyce, on essaye de faire quelques vinyles avec des remix pour pouvoir installer le nom. Ensuite, on sort l'album avec nos créneaux de distribution qui sont très pointus. Enfin, il y a encore des radios comme FG, Contact, les radios Campus, Nova, des gens comme ça qui passent des choses pointues et on est supporté par ces radios là. C'est important parce qu'il ne formate pas leur play list, on peut donc avoir la chance de passer.
Quels sont les grosses sorties du label pour 2004 ?Evidemment, perso, le gros projet, c'est la compile et le DVD "Bob Sinclar Around The World", mais, c'est aussi les dix ans du label. Qui dit dix ans, dit ouverture encore plus large pour nous. On, a signé un groupe qui s'appelle Chiny Grey avec un premier single intitulé
"Why". C'est un truc un peu à la Eurythmics, mais avec des mecs qui chantent, donc très années 80, pas électro, vraiment du côté très new wave Il y a aussi ce projet techno fait par Olivier Kaiser. Il vient de Dijon, c'est un proche de Vitalic, de Laurent Garnier. C'est très pop techno et il a une approche très club. On sort son premier vinyle très bientôt et ça s'appellera "So Hight". On a la série de compilation, "Disco Tech Of" où l'on donne une carte blanche à un DJ, à une personnalité ou à un producteur que l'on aime. On a fait Julien Jabre, DJ Kosmo qui est une fille. Le prochain, c'est Alexander Robotnick, c'est un producteur italien qui a fait de l'électro au début des années 80 avec "Paradise Garage". On a le projet, "Africanism". Le volume 2 est sorti chez nous l'année dernière. Il ressort chez Defected, un label anglais en double CD avec en plus un mix de Martin Solveig. Là, en ce moment, je travaille sur le troisième volume pour l'année prochaine. On a encore un autre projet "Art Of Disco". C'est une série de maxi avec plusieurs artistes, c'est le côté disco mais plus électronique que l'on expérimente. Cette compilation sortira certainement d'ici la fin de l'année. A noter enfin, le dernier single de Salmomé de Bahia et plein d'autres singles, des collaborations avec des DJ...
Est-ce difficile de concilier ta carrière personnelle avec en plus ce travail de patron de label ?
C'est une passion de touts les instants. C'est vrai que je n'ai pas beaucoup de temps à moi, mais j'essaye quand même de faire du sport, de m'occuper de ma famille, de m'occuper de tout. Moi, je me réalise là-dedans. Je ne peux pas concevoir d'avoir une minute où je ne fais rien, pour moi, c'est du temps perdu. J'ai la chance de pouvoir vivre de ma passion, je me suis donné cette chance en ayant la volonté de le faire. J'ai rencontré des gens extraordinaires qui ont énormément de talent et pour ça il faut que je travaille. Je dois faire honneur à ces gens là il faut vraiment que je continue à sublimer le travail, les échanges avec les artistes, les chanteurs. C'est ça qui me fait vibrer et si je ne l'ai pas, si je n'allume pas mon mac pour ça, ça ne va pas.
En plus de quinze ans de carrière, parmi tous ces gens rencontrés, que représente Cerrone pour toi ?Cerrone a été une rencontre importante depuis le début du label. Il m'a permis de rencontrer d'autres gens. En fait, je n'ai pas fait de production avec lui, j'ai juste samplé Cerrone pour "I Feel For You". Et puis, Il m'a invité gentiment à Los Angeles, il m'a fait découvrir des chanteurs. Ensuite, il m'a proposé de faire un projet pour lui : mixer ses titres et les rééditer, m'occuper de bidouiller son catalogue. Ca m'a donné encore plus d'image, plus de crédibilité. Grace à lui, j'ai aussi rencontré deux personnes avec lesquelles il travaillait à l'époque, c'est Lene Lovich et Alain Wisniak. Ils ont travaillé avec moi sur mon album "III".
Aujourd'hui, y-a-t-il des personnes avec lesquelles tu souhaiter&ais particulièrement travailler ?
Evidemment, il y a Prince et Stevie Wonder ! Mais, à part ça, j'ai aussi l'idée de faire la même chose que ce que j'ai fait pour Cerrone avec Chic. Chic sont toujours à la pointe, leurs sons sont toujours là, ils ont un énorme catalogue et ils produisent aussi beaucoup d'artistes. Maintenant, pour les collaborations, il y a plein de gens avec lesquels ça me ferait plaisir de travailler. J'espère que les rencontres seront fructueuses. Pour l'instant, je n'ai pas de touches, j'essaye de créer de nouveaux titres. En ce moment, je suis un petit peu plus club, je m'occupe du projet "Africanism", je fais des choses plus percussion, plus Afrique.
Tu as participé à la BO de "Podium" avec un remix d'"Alexandrie Alexandra", Jean-Claude Vandamme apparaît sur l'un de tes derniers clips pour le morceau "Kiss My Eyes". Le cinéma, est-il un univers que tu souhaites explorer ? Quel seraient tes envies ?
Faire une BO de film pour Luc Besson ! J'aimerais bien, c'est un appel ! Mettre sa musique sur des images, c'est fabuleux, ça la sublime et c'est pour ça que j'aime faire des clips, même si ça coûte cher.
| Dans mes clips, j'ai surtout développé une image d'artistes. C'est important car les DJ ne sont pas des gens connus |
On te surnomme aussi très souvent le pape de l'électro. Comment le ressens-tu ?
Avec beaucoup d'honneur !
Et aussi un peu de pression peut-être ?
Non ! En fait, je t'avouerais que je suis mon instinct constamment. Quand je reçois des démos, des artistes, je me dis : Tiens, avec lui, il faut que je travaille, il faut qu'on aille au studio au feeling... En fait, je donne aux gens une émotion à travers de la musique. Ensuite, ils la prennent ou ils ne la prennent pas. Pour l'instant, ils la prennent donc ça prouve que je suis dans le vrai. Je pense que tant que tu es vrai, tant que tu n'as pas de langue de bois, que ça ne se sent pas que tu fais de la musique que pour l'argent, tant que tu assumes ce que tu fais et que tu colles à ton image, les gens suivent, en tous cas des gens suivent. Et puis, tout cela s'est vachement démocratisé, le DJ est aussi devenu un peu star. Il y a un nouveau marché qui s'est offert aux jeunes. Aujourd'hui, l'électro est un marché. Alors pourquoi ne pas être reconnu comme l'un des instigateurs de tout ça ? Moi, j'accepte ! Volontiers !
Pour les années à venir, quel serait pour toi ton plus beau rêve musical ?
Ce serait d'exister encore très longtemps. On a une petite structure : Embaucher des gens, faire travailler, c'est très difficile, en France, on a des charges lourdes. Et puis, la musique est disponible de plus en plus gratuitement.
| J'espère donc que j'aurais encore la liberté de produire des morceaux que j'aime et que les gens suivront. |
> Bob Sinclar sur le net : www.bobsinclar.com






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