Interviews
Accueil > Interviews > Scène française > Fabien Martin

Fabien Martin ou la relève de la chanson...

Pour la rentrée, Fabien Martin nous sert le fabuleux "Ever Everest". Rencontre sincère avec ce nouveau talent de la chanson française, avant son passage dans la capitale le 4 octobre.

Fabien Lacoste le 13/09/2004 pour MusicActu

Partager
Mardi 14 septembre. C'est une date importante, celle de la sortie de ton premier album, "Ever Everest". Comment attends-tu ce moment ?
J'ai eu la pression quand je faisais l'album. Maintenant, le reste ne dépend plus tellement de moi. Il faut juste que je sois assez intelligent dans les interviews pour faire illusion, pour donner aux gens l'envie d'acheter mon disque (rires). Comme les choses se font vraiment par étapes, je ne me suis pas retrouvé du jour au lendemain propulsé dans les magasins. J'ai fait tellement de choses avant d'en arriver là que cela me semble presque normal.

Justement, qui est ce Fabien Martin dont on a déjà eu l'occasion de lire le nom dans les journaux, avec des appréciations assez élogieuses d'ailleurs ?!
J'ai trente ans, je suis né sous le signe du Verseau, mais ça n'a aucune importance ! Quand j'étais petit, je faisais du piano pendant l'année et je chantais dans des radio-crochets pendant les vacances. Mon rêve était de passer à la MTL (Maison du Temps Libre) de Roissy-en-Brie, en Seine-et-Marne. Après, j'ai voulu devenir pianiste de jazz dans des bars enfumés, mais comme je n'étais pas assez fort et que la voie était déjà très encombrée, je suis devenu chanteur, comme tout le monde. Et j'ai écrit des chansons, comme tout le monde. Quant aux journalistes qui écrivent de bons articles à mon sujet, c'est normal, ce sont tous des gens de ma famille (rires).

Je ne suis pas de ta famille et de toute façon ce n'est pas un article mais une interview :-) Je te propose de te mettre dans la peau d'un vendeur de disques. Quels seraient tes arguments pour nous convaincre d'acheter "Ever Everest" ?
Tu sais, j'ai été vendeur de disques avant ! Je pense que je pourrais vendre n'importe quel disque mais pas le mien. Il est déjà fait, donc je suis un petit peu passé à autre
Je me suis vraiment beaucoup investi sur ce disque, du début jusqu'à la fin.
chose. Je suis en train d'écrire des chansons pour le troisième (rires). Tout ce que je peux dire, c'est qu'il est fait sincèrement, authentiquement et qu'il s'est fait dans la plus grande simplicité, avec beaucoup de gentillesse de la part de tous les gens qui sont venus le faire et qu'il n'y a pas tellement de différences entre ce que j'ai fait et ce que je suis. Je me suis vraiment beaucoup investi sur ce disque, du début jusqu'à la fin, au niveau des chansons, de la pochette aussi, jusqu'au choix du papier.

Tu sors "Ever Everest" en collaboration avec une major, Universal. On aurait aussi pu t'attendre chez un indépendant...
Je me suis rendu compte qu'il n'y a pas les "gentils indépendants" d'un côté et les "méchantes majors" de l'autre. Je ne vois pas comment j'aurai pu avoir plus de liberté avec un indépendant, je pense que j'aurai peut-être même eu moins de moyens. Le monde de la musique n'est pas scindé, Universal travaille aussi avec Florent Marchet, Philippe Catherine, pas forcémenent des choses très faciles d'accès. Mais il faut aussi dire que tout le monde est là pour gagner de l'argent : les artistes, les maisons de disques, les indépendants. Si ça ne gagne pas d'argent, on ne peut plus faire ce métier.

Crédits : Olivier GachenTon album laisse entrevoir un artiste à la fois posé et rêveur. Est-ce que ces deux traits de caractère sont les tiens ?
(Douteux) C'est un peu ça. Dans la vie, je vois à peu près tout ce qu'il se passe, j'ai l'impression que je ne suis pas à dix mille lieux de la vie concrète. En même temps, j'ai un peu de mal à y entrer, il y a un côté un peu " échappatoire " à travers mes chansons. Le fait de rester chez soi toute la journée pour faire des chansons montre le côté un peu rêveur, échappée belle.

Les chansons regroupées sur "Ever Everest" donnent au disque un esprit unique. Malgré cela, chaque titre marque bien sa différence et paraît unique, aussi bien dans le style que dans le thème traité. Quel était ton objectif premier ?
La grosse donne du départ était de réfléchir à comment faire un album à la fois homogène sans avoir la même chanson du début à la fin. Il y a forcément des éléments comme la voix, les musiciens, qui relient les chansons entre elles. En tant qu'auditeur, j'ai envie d'être surpris mais j'ai aussi envie d'avoir une couleur bien précise. Il est donc normal qu'en tant qu'interprète, je voulais avoir cette ambivalence là. Dans la vie, j'ai l'impression qu'on est d'humeur différente le matin, l'après-midi, le soir, en janvier, en juillet, à vingt ans, à trente ans, on n'est pas le même. J'avais envie que mon disque reflète ça, tout en reflétant un moment précis, une certaine auto-dérision et toutes les phases par lesquelles on peut passer.

Le morceau "Ma Femme Est Plus Grande Que Moi" m'a fait beaucoup rire. C'est du vécu ou de la fiction ?
Je ne sais pas si je peux le dire ! Cela m'est venu suite à des inspirations personnelles (rires). C'est assez facile pour moi d'écrire ce
Je trouve que cette scène de Truffaut est une belle image.
genre de choses car je ne fais pas un mètre quatre vingt cinq. Ca me fait penser à un film de François Truffaut, "Baisers Volés" avec Jean-Pierre Léaud, où il dit à un pote de travail : "Ce soir je sors avec une fille, mais qu'est-ce que tu fais quand la fille est plus grande que toi ?". Le type lui répond : "y'a qu'un moyen : faut assurer" ! Après on voit Jean-Pierre Léaud de dos, avec une fille immense. Je trouve que c'est une belle image...

Restons donc dans l'univers du cinéma. Ta chanson "L'Odyssée d'Olegario" nous plonge dans une sorte de western...
J'aime bien cette chanson, c'est la dernière que j'ai faîte. C'est la seule où je ne parle pas de moi. Elle a été inspirée par un article que j'avais lu à propos d'un type qui a vraiment existé, Olegario Pozo, qui a essayé de traverser la frontière américano-mexicaine pour rêver d'une vie meilleure. Cet article m'a bouleversé alors j'en ai fait une chanson avec cette ambiance un peu à la Paris-Texas. Là, ce serait plutôt Mexico-Texas.

Crédits : Olivier GachenKen Ploquin a co-réalisé l'album. J'ai été étonné de lire son nom sur la pochette, étant donné que le public le connait pour ses productions plus "rock". Il a travaillé notamment avec Eiffel et Lofofora...
J'ai connu sa femme Alix (qui ne l'était pas encore à l'époque), par un musicien que j'avais rencontré à l'armée. Ils étaient tous les deux étudiants dans une classe de son au conservatoire. Ken est venu me voir en concert, il a un peu parié sur Fabien Martin et voilà ! Nous avons fait des maquettes puis il est allé démarcher les maisons de disques. Au niveau de l'esprit, j'ai voulu "désenrober" un peu les chansons. J'ai l'impression que l'album est assez brut. Il y a basse, batterie, guitare et voix principalement. J'ai fait des petits pianos et claviers dessus, avant d'incorporer un instrument, accordéon, cordes ou cuivres. Le tout est assez acoustique. Le but était d'avoir un son à la fois moderne avec des instruments acoustiques, pour pouvoir réécouter cet album dans cinq ans sans trouver qu'il a vieilli.

J'imagine que les projets ne te manquent pas pour les semaines et les mois qui arrivent...
On a une date le 4 octobre à l'Européen, on sera au Nouveau Casino fin novembre et on espère une tournée en 2005. Le projet pour le moment est de faire de nouvelles chansons, apprendre à jouer de la guitare, lire beaucoup et... voilà !

> Fabien Martin sur le net : www.fabienmartin.net

Commenter

Partager

Bookmark and Share

Meilleurs prix

NEWSLETTER

CONNECTEZ-VOUS !

Publicité

Publicité
Publicité

BIOGRAPHIES

TOP SONNERIES

PHOTOS DE SOIRÉE

Retrouve MusicActu sur

Copyright © 2000-2012 MédiasActu · Publicité
En savoir plus sur MusicActu et contacter la rédaction, cliquez-ici

 
Edité par MédiasActu SARL - RCS Paris B 432 148 732
Adresse : 10 Rue Nicolas Appert - 75011 Paris
Directeur de la publication et de la rédaction : Fabien Lacoste
Tel : 01 40 21 58 68 - E-Mail : direction@mediasactu.com
Hébergement : Les Argonautes
224 Rue du Fbg St-Antoine - 75012 Paris - 01 55 25 50 70