Romane Serda, sur les traces de Françoise Hardy
"Anaïs Nin" permet aujourd'hui à Romane Serda de s'imposer sur la scène musicale française. Pour nous, la chanteuse évoque son univers, sa rencontre avec Renaud et son nouveau statut de "personnalité"...
J'ai toujours adoré Anaïs Nin et Henry Miller, mais cette chanson est un total hasard. Son hauteur, François Bernheim, est arrivé à la maison un jour pour me faire écouter cette chanson qu'il avait composée avec Christian Bouclier. J'ai tout de suite craqué, non seulement pour le texte mais aussi pour la mélodie.
Le fait de partager cette chanson avec Renaud était-il symbolique ? Est-ce que ce fut une collaboration simple à réaliser ?
Au départ, elle n'était pas vraiment évidente parce que je n'osais pas m'imaginer faire cela avec lui, je me demandais avec qui je pourrais chanter ça. Au bout d'une semaine, il m'a dit : "Moi je pourrais le faire". J'étais comblée, ravie. Avec le recul, je ne me voyais pas chanter dans les yeux d'un autre "mon Amour...". Finalement ça tombe très bien que ce soit lui !
Ton premier album, "Romane Serda", est sorti fin 2004. Est-ce que tu peux revenir en quelques mots sur ton parcours antérieur ?J'ai habité cinq ans et demi en Angleterre, j'ai commencé à faire de la musique là-bas. Au bout de quelques années de galère j'ai réussi à enregistrer deux ou trois trucs et à rencontrer managers, auteurs et compositeurs. Mon manager me proposait des choses qui ne me correspondaient pas, il attendait que je sois sexy, ça ne me plaisait pas. C'était un petit peu sans issu pour moi, en tant que française. J'avais besoin de rentrer en France et de chanter en français. Une fois revenue j'ai démarché les maisons de disques, j'ai cherché des musiciens, des auteurs-compositeurs et je me suis mise au solfège. J'ai monté un petit groupe avec lequel on a très peu tourné, devant très peu de personnes en fait.
À quel moment est intervenue ta rencontre avec Renaud ?
Au moment où je suis rentrée en France. A l'époque il ne s'est rien passé professionnellement entre nous, on n'a jamais vraiment parlé de ça. Quatre ans et demi après, il m'a vue un peu galérer. J'avais simplement les textes de Jean Fauque en main, quelques petites compos perso. C'est là qu'il est intervenu en me disant "essaye de voir un tel pour qu'il te fasse une musique". Il m'a présentée et crédibilisée aux yeux de certaines personnes avant de me laisser nager.
Douze morceaux sont au menu de ce premier disque. "Petite Soeur", par exemple, nous donne envie de retomber en enfance. Est-ce que tu es quelqu'un de nostalgique ?Oui bien sûr, je suis nostalgique de ces années-là mais, dans la vie, j'ai toujours espéré l'avenir. Je ne vis pas toujours dans le présent, j'aime bien avoir un espoir quelconque, un "goal", une ambition. Quand j'étais petite j'étais très heureuse mais je le suis encore plus de jour en jour. Je n'ai pas franchement de regrets.
Sara Mandiano est créditée sur le titre "Vole Ta Vie". On ne l'avait plus revue depuis le succès de son titre "J'ai Des Doutes"...
Je l'ai rencontrée par l'intermédiaire d'un auteur, Pierre Calvin. Elle travaille dans un studio à côté de Bastille et, même si on n'en entend pas parler, elle est toujours bien dans le métier et elle se débrouille très bien !
Est-ce que le fait de reprendre "L'Amitié" de Françoise Hardy fut complexe ? T'es-tu posée la question de son accueil par la principale intéressée ?
J'ai eu très peur ! J'avais très envie de faire une reprise et j'avais forcément beaucoup écouté
| Françoise Hardy était très très contente de cette version. |
Tu es nommée dans la catégorie "Album Révélation" aux Victoires de la Musique. Est-ce que tu as eu le temps d'écouter les albums de Ridan, Daniel Darc, Jeanne Cherhal, qui sont cités avec toi ?
Je connais Jeanne Cherhal, j'ai écouté quelques titres de Ridan et de Daniel Darc...
Quel est ton pronostic ?
Franchement aucun ! Je suis déjà contente d'être nommée, tout le monde dit ça mais il faut penser que parmi tous les albums qui sortent nous n'avons été que quatre retenus. Pour moi c'est énorme ! Si ça se joue à quelques places, ça ne veut rien dire. Je pense qu'on doit tous les quatre se contenter de la nomination, le reste sera un bonus.
On a eu l'occasion de t'apercevoir à plusieurs reprises à la télévision ces dernières semaines. Comment vis-tu ce passage du statut d'inconnue à celui de personnalité ?Je n'ai pas l'impression d'être une personnalité, je fais mon boulot... C'est assez bizarre, c'est comme si c'était deux métiers différents : le premier boulot est solitaire tandis que, pour le second, on est toujours sollicité : 'qu'est ce que vous pensez de ci, de ça, vous avez dit ça mais pourquoi ?'. C'est de l'auto-analyse en permanence. Au début ça me choquait, mais on s'y fait.
Le mois de mars sera chargée sur ton planning, avec une série de concerts en prévision...
J'ai la chance pour l'instant d'être en première partie de Calogero pour quelques dates pendant environ un mois : je commence à Bruxelles le 16 mars et je termine à Paris le 8 avril. J'ai un peu les jetons mais je suis vraiment ravie !
> TOUT SUR... ROMANE SERDA :
- sur le net : www.romaneserda.com
- en concert - 1ère partie de Calogero : 16/03 Bruxelles, 18/03 Lyon, 19/03 Albertville, 22/03 Mulhouse, 23/03 Neufchâtel, 25/03 Toulon, 26/03 Carcassonne, 29/03 Laval, 30/03 Poitiers, 08/04 Paris (Zénith).
- dans les bacs : album "Romane Serda" et single "Anaïs Nin", déjà disponibles.





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