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Monsieur Roux : le nouveau groupe déjanté...

Après s'être fait connaître dans l'ouest de la France avec son premier album "Ah si j'étais grand et beau", Monsieur Roux envahit tout le territoire. Rencontre avec le chanteur du groupe. Il parle de sa musique déjantée et attachante.

Sandrine Albanesi le 23/04/2007 pour MusicActu

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Peux-tu, pour ceux qui ne te connaîtraient pas, nous dire qui tu es, d'où tu viens ? Comment es-tu venu à faire de la musique ?
Je suis donc Monsieur Roux et je viens de Rennes en Bretagne. J'ai fait de la musique parce que je cherchais à me faire de l'argent sans trop me fatiguer (rires). C'était ça, le grand banditisme ou la politique. Alors je me suis dit que c'était quand même plus gai (rires). J'ai commencé à faire de la musique quand j'étais adolescent. En revanche, le premier concert que j'ai fait, c'était il y a trois ans.

Monsieur RouxComment est-ce que tu pourrais qualifier votre musique ?
Je crois qu'on peut dire que c'est tout simplement de la chanson française. C'est très difficile de se qualifier soi même. Mes influences sont diverses. J'ai beaucoup écouté Renaud. Je pense que c'est cela qui m'influence pas mal au niveau des textes. Au niveau musical, disons qu'il y a un peu de tout. Etant donné que nous sommes trois, chacun amène ses influences et sa façon de voir les choses dans le rendu musical, mais ce n'est pas forcément très représentatif. De plus, dans la musique que nous faisons en ce moment, les choses évoluent. Il faut savoir que notre album est en fait sorti il y a un an et demi, mais qu'il n'était distribué que régionalement. Il est ressorti il y a trois semaines sur le tout le territoire, avec le label Atmosphériques. C'est vrai que cela commence à dater, donc les choses changent un peu.

Tu as commencé l'aventure en solo. Tu as ensuite choisi de collaborer avec le guitariste Jauni Bernardo et le contrebassiste Brandon Michel. Comment s'est passée votre rencontre ?
Je n'ai fait que quelques concerts tout seul. J'ai commencé en février 2004. Au bout d'un mois ou deux j'ai été rejoint par Jauni Bernardo, le guitariste. En octobre 2004, nous avons fait le premier concert avec Brandon Michel, le contrebassiste. J'ai rencontré Jauni dans un bar en faisant un boeuf. J'avais quelques petits concerts de prévus dans des bars, alors je l'ai invité à venir avec moi. C'est comme cela que ça a commencé. Nous nous disions que ça serait bien d'avoir un contrebassiste. C'est là que nous avons rencontré Brandon, qui est, en fait, un copain de copains. Ca a accroché tout de suite humainement. Nous avons également eu la chance d'être un peu tous sur la même longueur d'ondes et d'avoir la même disponibilité, ce qui est un élément essentiel. Nous faisions tous ça un peu pour la rigolade, mais en même temps très sérieusement.

Quel est le rôle donné à chacun ?
Alors, moi je suis le chef, et les autres obéissent (rires). En fait, j'écris les textes et la grille d'accords. A l'origine, j'avais déjà les chansons, elles étaient déjà plus ou moins construites. Du coup, chacun est venu se mettre dessus. Pour les nouveaux morceaux que nous faisons, j'arrive avec une grille d'accords assez simple, par contre, après ça peut partir assez loin. Nous essayons de travailler pour que cela soit musicalement plus riche que c'était au début.

Après votre rencontre, vous avez ensuite pas mal tourné ensemble, faisant plus d'une centaine de dates en deux ans. Allant de petites en grandes salles. Qu'est-ce que ces expériences vous ont apporté ?
Déjà, un embonpoint, des problèmes avec l'alcool (rires). Plus sérieusement, cela nous a appris le métier. Ca nous a fait connaître et ça nous a fait progresser.

Monsieur RouxPuis vous avez enregistré votre premier album "Ah si j'étais grand et beau". Il est dans un premier temps sorti en auto produit. Comment en êtes-vous arrivé à être distribué nationalement ?
L'album est sorti en octobre 2005 sur le grand Ouest. Deux mois plus tard, nous avons fait les Transmusicales de Rennes. Tous les gars des maisons de disques descendent à Rennes à ce moment là. Ils ont pu voir qu'il y avait un mec qu'ils ne connaissaient pas, qui vendait pas mal de disques dans les magasins rennais. Je pense que ça a commencé à créer une petite curiosité. Après nous avons trouvé un tourneur assez conséquent qui a décidé de nous prendre, alors que nous n'avions pas de maison de disques. Il nous a aussi signé en édition dans le but de nous trouver un label. Il a donc payé une attachée de presse qui a fait circuler le bruit que nous étions un super groupe. Les maisons de disques ont commencé à s'intéresser à nous à ce moment là.

Dans tes textes, tu n'épargnes personne, du rasta, à l'homme ordinaire, en passant par les nanas ou l'église. Ton style est carrément déjanté. Une question se pose obligatoirement à l'écoute de ta musique : où trouves-tu toutes ces idées ?
Je les trouve quand je regarde dehors ou quand je regarde ma vie ou celle de mes amis.
Mon quotidien n'est pas le même que celui de Bénabar ou Jeanne Cherhal.
Ce sont des chansons qui parlent du quotidien, sauf que mon quotidien n'est pas le même que celui de Bénabar ou de Jeanne Cherhal. Ca peut paraître un peu déjanté, mais je pense que c'est le quotidien de plein de gens de mon âge.

En quoi penses-tu que ton quotidien diffère de celui de Bénabar ou de Jeanne Cherhal ?
Souvent, on dit qu'ils font des chansons sur le quotidien. Nous le faisons tous. Après, il y a des gens pour qui le quotidien c'est d'acheter une maison et de bouffer des pizzas avec leur gonzesse, moi ce n'est pas ça. Moi je parle des gens que je croise, que nous croisons tous. En fait, il y a toujours un peu de moi dans les personnages que je décris. Il y a aussi des choses que j'ai vu chez des gens, des choses que j'ai inventées...Tout n'est pas basé sur des trucs complètement réels.

Monsieur RouxTu sembles avoir une vision de la société quelque peu corrosive. Est-ce vraiment le cas ?
Est-ce que j'ai une vision corrosive de la société, ou est-ce que la société est telle que je la décris ? Telle est la question. Je pense que la société est comme ça. Mis à part pour le titre "L'Homme ordinaire" qui décrit un peu le côté obscur que nous avons tous en chacun de nous, je pense que les portraits que je dresse sont quand même assez tendres en général. C'est un monde créé de toutes pièces. C'est le monde merveilleux de Monsieur Roux, j'y mets que les gens que je veux (rires).

Vous êtes actuellement en tournée. On vous retrouvera notamment à Paris au Café de La Danse le 13 juin prochain. Monsieur Roux sur scène, ça donne quoi ?
Nous sommes trois, donc c'est un peu différent que le son de l'album. C'est peut-être un peu plus brut. De plus, nous faisons pas mal de nouvelles chansons qui sont peut-être un peu plus rock dans la forme.

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