CALI >>>
Quel bilan pourrais-tu faire de ta tournée ?
Le premier mot qui me vient à l'esprit pour le bilan de ma tournée, c'est positif. J'ai l'impression que nous avons fait un sans faute. Nous étions 25 sur la route, entre les musiciens et les techniciens. Nous avons tous des vies de famille ou des choses incroyables à gérer à côté et tout le monde a gardé le sourire tout le long de la tournée. Il n'y a pas eu d'anicroches. Nous sommes allés partout et chacun a tout donné à chaque fois. En tant que capitaine de l'histoire, je suis très fier de mon équipage. Nous avons eu les chiffres et, à priori, nous avons touché près de 450.000 personnes sur la tournée. C'est un chiffre extrêmement étonnant. Je peux également dire que le bilan est positif parce que j'ai rencontré des émotions inattendues et incroyables. C'est un dépassement de soi. Cela va au-delà de ce que l'on peut vivre habituellement.
Pour clôturer cette tournée en beauté, tu nous as offert "Le Bordel magnifique", ton premier disque live...
Quand on m'a demandé si je voulais le faire, je ne savais pas trop, puis j'ai accepté. Encore une fois, pour revenir sur la tournée, c'était tellement exceptionnel que j'ai voulu expliquer cela ou en tout cas le garder. J'ai pensé égoïstement qu'un jour peut-être, quand je serai vieux, j'aurai des petits enfants et des arrières petits enfants. C'était pour leur dire "votre arrière grand-père faisait ça. Ce jour là, à Lille, on a fait ça." Ca me permettra d'expliquer un petit peu les choses. Mais c'est bien aussi d'avoir son live. J'ai beaucoup de lives de groupes que j'adore. Je suis très fier.
On connaît tes affinités musicales et amicales avec Christophe Miossec. Que penses-tu de son dernier album, "L'Etreinte" ?
C'est un chef d'oeuvre. Je dirais qu'il est lumineux. La chanson "30 ans" est inégalable. Elle me fait autant de bien que le titre "Voir un ami pleurer" de Brel. Je suis très touché par ce disque. Il y a tout. La pochette est magnifique. J'ai eu la chance de pouvoir l'écouter avant les autres chez Miossec, avec lui. J'ai vécu ce grand moment là. J'aime Christophe Miossec profondément. C'est quelqu'un d'extrêmement sensible et d'une gentillesse inégalable.
MIOSSEC >>>
Tu as été nommé aux Victoires de la Musique dans la catégorie 'meilleur album pop/rock'. Qu'est-ce que cela représente pour toi ?
C'est plutôt rigolo. Je pense que ça montre que c'est moins truqué qu'il y a quelques années. En fait, il faut savoir que je suis chez Pias, une maison de disques indépendante. Ils n'ont pas les mêmes moyens que les majors pour imposer leurs artistes, donc c'est plutôt pas mal. De plus, ce qui est bien, c'est que cette fois, on va y jouer. A chaque fois que j'ai été nominé, je n'y allais pas, parce que c'était juste pour être dans la salle. Cette fois, au moins, on joue. C'est quand même plus rigolo.
"L'Etreinte", ton sixième album, est arrivé quatrième des ventes d'albums. Depuis il est toujours classé dans les meilleures ventes. Pensais-tu qu'il rencontrerait un tel succès ?
Non, pas vraiment. Enfin, au niveau critique, je m'y attendais un peu, car pour une fois, j'étais à peu près content du résultat. Ce qui est marrant, c'est que les ventes aient également suivi. Mais ce n'était pas le but du jeu. L'idée de départ était de faire un disque qui soit le plus cohérent possible. Je n'ai jamais fait de tubes, ou ce genre de choses, donc ce n'est pas la même logique. Mais c'est agréable, parce qu'au moins tu sais que tu peux faire un autre disque après et que tu ne te feras pas virer par ta maison de disques (rires).
Tu as déclaré que ton album "L'étreinte" est le disque le plus musical et léger que tu aies pu faire. Penses-tu avoir opéré un changement de direction au niveau artistique ?
Un petit peu, mais ce n'est pas vraiment au niveau artistique. J'avais envie qu'il y ait plus d'air, qu'on y retrouve plus de musique et moins de blabla, que le chanteur soit moins présent, parce que ça commençait à bien faire (rires). J'avais envie de laisser le morceau filer, qu'il fasse cinq minutes ou deux minutes, ce n'était pas un problème.
AARON >>>
Peux-tu retracer votre parcours en quelques mots ?
J'ai commencé à l'âge de 4 ans à jouer du violon au Conservatoire. J'en ai fait pendant une douzaine d'années. J'ai arrêté parce que j'étais attiré par la musique tzigane. J'ai ensuite fait du dessin aux beaux arts. Je suis arrivé par accident au cinéma, même si je voulais être comédien. J'ai joué dans un film. Olivier, quant à lui a commencé en étant graphiste. Il a ensuite joué dans divers groupe, en tant que guitariste et bassiste. Quand nous nous sommes rencontrés, il s'est mis à faire du piano avec moi. Nous nous sommes rencontrés grâce à une amie commune.
Comment s'est déroulé l'enregistrement de votre premier album ?
Tout simplement dans une petite bulle, dans trois appartements différents. Nous avions une énergie de travail assez dense. Nous avons fait cela assez vite. Nous avions vraiment une idée et des envies communes. Nous n'avions pas de logique commerciale d'album, nous voulions juste faire des chansons. Pour des titres comme "Mister K" par exemple, nous avons fait de l'impro. Nous avions juste branché le micro, la guitare et nous avons joué en live. Nous voulions également garder des sons un peu étranges, c'est pour cela que sur certains morceaux, on peut entendre des oiseaux derrière qui étaient présents sur la terrasse où nous enregistrions.
L'essentiel des titres de votre album est en anglais. Pourquoi avoir fait un tel choix ?
Il n'y avait pas de logique commerciale. En fait, mon père est américain et ma mère est française. J'ai donc ce double sang en moi. Quand j'écrivais mes textes, je ne réfléchissais pas plus que ça. Soit je les pensais en anglais, soit je les pensais en français. En revanche, je suis incapable de les traduire dans l'autre langue. Une fois que les chansons sont faites, elles sont faites. Ce sont des lettres ouvertes à des personnes bien précises.
EIFFEL >>> 
Trois ans se sont écoulés depuis votre dernier album. Pourquoi nous avoir fait patienter aussi longtemps ?
C'est une chose qui a été décidée pendant la dernière tournée d'Eiffel, suite à la sortie de notre deuxième album, "Le Quart d'heure des ahuris". Nous avions fait 4 ans en indépendant, à tourner, à faire des bars, à essayer de s'en sortir comme on pouvait. Quand on s'en est un peu sorti, c'est-à-dire quand nous avons signé avec Labels, notre maison de disques actuelle, en trois ans nous avons fait deux albums et deux tournées de 150 dates. Cela faisait sept ans que nous travaillions à fond. Nous voulions continuer, mais pour le faire dans de bonnes conditions, il faut savoir s'arrêter. Nous avions prévu de faire une pause de deux ans, mais entre ce que l'on se fixe et la réalité, il y a toujours un petit décalage. On va dire que notre break a duré environ deux ans et demi.
Comment se sont passées ces retrouvailles musicales ?
Très bien. Nous avons eu une toute petite appréhension à nous dire "qui sommes nous ? Pourquoi est-ce que l'on reprend ?". Mais, comme il n'avait jamais été question d'arrêter mais juste de se poser, le fait de reprendre nous a fait un immense plaisir. De plus, il y avait une envie artistique et de nombreuses chansons. Ca s'est fait assez simplement.
Sur "Tandoori", certains de vos titres sont en anglais. Qu'est-ce qui vous a motivé à aller dans cette voie ?
En fait, c'est venu comme ça. Pendant notre période en indé, pendant 4 ans, nous avons fait deux albums que personne ne connaît car ils ne sont jamais sortis. Sur ces disques, certains des titres étaient en anglais. On s'est un peu privé de ça quand on a signé en maison de disques. On a fait deux albums qui étaient entièrement en français, hormis quelques allusions en anglais. Nous avons pensé que ça pourrait être sympa de revenir à ça, puisque nos influences sont quand même cruellement anglo-saxonnes. Comme nous sommes un groupe dit de rock français, c'est souvent réducteur à des choses qui ne nous correspondent pas forcément, même si nous avons évidemment des influences en français, comme Brel, Brassens, Léo Ferré, Bashung, Noir Désir ou Higelin.
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Sandrine Albanesi, le 09/07/2007 pour MusicActu
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