Après la sortie de ton premier album, tu es partie en tournée. Quel bilan peux-tu en faire ?
C'était pour moi comme un aboutissement, une façon de défendre mes chansons jusqu'au bout. Le fait que les gens soient venus et que l'on partage cela ensemble, c'était plus que la cerise sur le gâteau. C'était une façon d'échanger en direct avec les gens. Même si les gens avaient acheté mon disque, cela restait tout de même un peu abstrait jusque là. Là, je voyais les gens, je les entendais. C'est beaucoup de peur, de travail, mais une vraie récompense.
Qu'est-ce que ce premier contact avec ton public a apporté dans la conception de ton deuxième album ?
Beaucoup de choses, parce que je souhaitais que le travail pour mon second album soit beaucoup plus proche et plus semblable de ce que je vivais en live avec les musiciens. Je voulais que le deuxième album soit plus libre, moins scolaire. Quand la voix est prise à part, j'essaye trop de bien faire, je suis trop "bonne élève".
Cette fois, je voulais que ce soit moins lisse, que ça puisse déraper en fonction de ce qui allait être fait avec les musiciens. Dominique Blanc-Francard qui produit le deuxième album a pensé à ça. Nous avons donc travaillé dans ce sens là. Nous avons souvent joué les titres en live. Nous faisions très peu de prises. C'était lié à l'expérience que j'avais vécue lors des concerts pour le premier album. J'avais envie d'être plus proche de ça, plus libre. Cette fois, je voulais que ce soit moins lisse.
Etienne Daho a écrit la musique des titres "Il ose" et "Perfect Day". Peux-tu nous raconter votre rencontre ?
On se connaissait sans réellement se connaître. On s'appréciait. Il avait vu certains films dans lesquels j'ai joué. Il m'avait dit à deux ou trois occasions qu'il aimait bien. J'avais eu l'occasion de le croiser lors de ses prestations. J'avais en particulier vu une de ses prestations aux Victoires de la Musique où il chantait une chanson qui s'appelait "Sur mon cou". J'avais été très émue par la façon qu'il avait de la chanter. J'ai osé lui demander s'il y avait des traces de cette chanson, il m'avait envoyé une K7 audio. Quand j'ai commencé à vraiment penser au deuxième album et à cette idée d'être plus live, plus pop, plus aérien, j'ai évidemment pensé aux musiques d'Etienne. J'y suis allée au culot, comme pour le premier album quand j'ai contacté Alain Souchon. Ce ne sont pas des caprices. C'est vital. Ce sont des gens qui correspondent aux textes que j'ai en tête, à ce que j'ai envie de raconter ou à l'esprit et l'ambiance même de l'album.
Tu as également travaillé avec Mickaël Furnon (Mick Est Tout Seul). Comment s'est passée votre collaboration ?
C'est ma maison de disques qui m'a aidée. "La Chanteuse" est la seule chanson qui fait référence au premier album, comme une sorte de suite, de rappel. Le premier album, "Manquait plus qu'ça", expliquait qu'une fille qui décide d'être chanteuse en claquant des doigts, peut énerver tout le monde et que je faisais partie de ces gens là. Je me moquais de moi-même. Cette fois, je voulais me moquer de moi-même avec beaucoup d'autodérision en disant que ça y est, j'ai fait de la scène, j'ai chanté, j'ai vendu des disques, donc, je suis chanteuse. Je me disais que le seul qui pouvait faire la musique de ça c'était Alain Souchon, qui avait fait la musique de "Manquait plus qu'ça". Malheureusement, il n'a pas pu car il était en tournée, qu'il avait beaucoup de travail et que cela correspondait à un moment où ça ne pouvait pas se faire. Il a donc fallu que je trouve des idées. Je trouvais qu'il était dur de trouver quelqu'un qui allait saisir cet humour là et en même temps rester poétique et sensible comme l'est Alain. On m'a parlé de Mickaël que j'ai toujours bien aimé. Il a fallu que je le rencontre pour que ça devienne une envie qui vienne de moi. C'est vrai que Mickaël a ce qu'ont les autres garçons qui travaillent avec moi pour les musiques, c'est-à-dire une vraie part de féminité et quelque chose de très doux.
Tu as de nouveau collaboré avec Pierre Souchon et Camille Bazbaz. Etait-ce une suite logique pour toi ?
Oui. J'aurais pu prendre exactement les mêmes, mais j'avais aussi envie que cela évolue. En tout cas, pour Camille Bazbaz, j'étais un peu frustrée, car j'aurais aimée pour le premier album qu'il fasse plus de musiques. Sur mon second album, il a donc fait 4 musiques. Pierre en a fait 4 aussi. Ils sont un peu mes deux acolytes. Ils me connaissent vraiment. Ils ont vraiment capté des choses au plus intime de ce que je suis.
Tes titres ont un format relativement court. Pourquoi avoir fait un tel choix ?
C'est vraiment un truc personnel. C'était pareil pour mon premier album. J'ai l'impression que j'ai une volonté de faire court et quelque chose d'assez pur. Quand un thème me vient, j'ai toujours envie d'aller à l'essentiel, que ce soit de courtes histoires. C'est aussi un format que j'aimais à l'époque. Les disques étaient plus courts. Il y avait souvent 10 chansons assez courtes. Ca me donnait envie des les repasser en boucle. Il y a un moment où ça doit s'arrêter sinon ça me parait trop long, trop redit, trop explicatif. C'est presque physique. Il faut que ce soit bref, tout en restant musical et entraînant. Je n'aime pas quand c'est long et que ça n'en finit pas.
Le titre de ton disque c'est "Coupés bien net et bien carré", c'est également l'un des morceaux du disque. Pourquoi avoir choisi ce nom pour ton l'album ?
Je n'ai pas choisi le titre de l'album par rapport à la chanson en elle-même. En fait, je l'ai choisi car c'est l'une des premières idées de texte que j'ai eue. Cela symbolise une sorte de fin de cycle et de début d'un autre. Couper net avec le passé et aller de l'avant. Et puis, ça pose une question. Les gens peuvent se demander ce qui est coupé bien net et bien carré. Il y a aussi la rondelle du CD... Il y a mille trucs dans ce titre. Mais, je pense la vraie idée est savoir davantage ce que je veux, ce que je ne veux pas, d'oser dire non, d'oser dire oui, mais d'être toujours au plus vrai.
Etait-ce pour nous prévenir que tu devenais une 'nouvelle Sandrine' ?
Peut-être, si ce n'est que je n'avais pas cette prétention là, car je ne savais pas vraiment où j'allais. C'était l'envie de dire que c'est dans la continuité, mais que c'est autre chose. Il faut couper net et carré avec ce qu'il y avait avant pour oser continuer. Et peut-être surprendre, être différent.
Quelle est la suite de ton programme. Une tournée ?
Oui, mais ça sera un peu plus tard, car je dois faire un film avant, entre décembre et février. Mais ensuite, il y aura une tournée.
Comment imagines-tu l'ambiance de ce nouvel album sur scène ?
Je l'imagine toujours en fonction de ma personnalité. J'imagine que ça oscillera entre l'humour, la mélancolie et parfois la gravité. Avec bien sûr la spontanéité, l'échange avec les gens... Il y aura peut-être plus de danse aussi, plus de choses physiques. Pour le premier, j'étais figée sur un tabouret avec la peur au ventre. Là, j'aimerais bien que ce soit un peu comme sur le clip de La Chanteuse. Ca représente bien ce que j'ai envie de faire sur scène. Il y aura peut-être quelques petites chorégraphies drôles.
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Sandrine Albanesi, le 08/10/2007 pour MusicActu
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