Vous allez bientôt fêter vos 20 ans de carrière. Quel bilan pouvez-vous en tirer ?
Nous en sommes à 19 ans et demi. On va dire que nous fêterons nos 20 ans cet été. Je dirais que nous commençons à rouler la pâte du gâteau et que nous commencerons à le mettre dans le four à partir du mois de juillet. Nous sommes encore en plein "Banco". Nous ne sommes pas encore dans le bilan de cette date anniversaire, mais nous sommes sur ce disque là.
Vous venez de sortir "Banco", votre 10ème album studio. Dans quel état d'esprit êtes-vous ?
Nous sommes déjà contents d'avoir abouti ce projet. Nous sommes à nouveau sur un début d'histoire. Pour nous, ce n'est pas un énième disque des Têtes Raides, mais bel et bien un nouvel album avec de nouvelles choses qui nous arrivent sur ce disque et qui arriveront ensuite en prolongement dans les concerts. C'est vrai qu'il y a à la fois une nouvelle énergie et une nouvelle manière d'appréhender la suite de cette aventure "Banco".
A l'écoute du disque, on a l'impression que vous êtes davantage posés que sur les précédents albums, peut-être un peu plus apaisés. Est-ce le cas ?
J'ai effectivement l'impression qu'il y a un petit apaisement. Après, ça cache quelque chose derrière. Mais, en tout cas, le terme apaisé correspond bien à la fois dans les rythmes, dans la place de la musique dans l'album et dans le temps. On se laisse le temps de dire les choses, de faire les notes. Il y a donc effectivement quelque chose d'assez posé. Je trouve que cet album est une belle respiration. Ca nous permet de prendre une bonne respiration musicale.
Au niveau du groupe, nous sommes également assez tranquilles sur la manière d'aborder ce disque. Têtes Raides a, à nouveau, réalisé son album, c'était important pour nous. Il y a eu de nouveau quelque chose de très soudé au niveau du collectif notamment sur la confiance entre tous les membres. Chacun individuellement a vraiment apporté sa pierre au projet et aujourd'hui nous sommes très contents de cela. Cela se ressent même au niveau des premières répétitions que nous avons faites pour préparer les concerts. Il y a quelque chose d'assez posé.
Votre précédent disque "Fragile" était plus rock que les précédents. Pourquoi avoir souhaité revenir à quelque chose de plus acoustique ?
Parfois, pour faire un grand pas en avant, il faut faire deux pas en arrière. C'est vrai que nous avions à nouveau ce désir d'entendre des instruments très proches, d'entendre à nouveau le son assez brut d'un violoncelle, ou le son de la guitare acoustique. Cela a également permis de laisser une place au texte et à la voix. C'est là où nous nous sommes risqués de chanter un peu différemment, interpréter différemment. Je crois que l'écriture donne beaucoup d'indication à ses choses là. Quand je me mets à écrire les chansons, au lieu d'allumer l'ampli, je prends tout de suite un instrument acoustique, que ce soit une guitare ou un accordéon. Déjà, il y a quelque chose là dedans qui nous emmène vers une manière d'écrire ou une manière d'interpréter. Sans le vouloir, on sait que c'est un album que l'on peut continuer à jouer même si on coupe toutes les prises de jus. Et ça, c'est bien.
Comment avez-vous travaillé pour ce disque ?
J'avais déjà pas mal avancé au niveau de l'écriture. En général, j'arrive avec les textes et les mélodies. Nous avons commencé à répéter au mois d'avril dernier et nous sommes passés en studio au mois de juin. La mise en forme s'est passée relativement rapidement. Le travail de l'écriture avait démarré bien avant car à partir du moment où l'on fini un disque, nous en préparons déjà un autre. Même quand nous sommes en tournée, il y a déjà des choses qui se mettent en marche sur le travail de l'écriture. Nous avons été très pointilleux et très vigilants sur le son et l'espace sonore. Au niveau des arrangements, nous avons essayé de garder quelque chose d'assez essentiel. Au final, j'ai l'impression que c'est un album qui est assez dépouillé, mais il y a quelque chose d'assez essentiel qui doit en sortir soit par le texte, soit par la mélodie, soit par le choix des instruments.
Sur "Banco" on retrouve Olivia Ruiz sur le morceau "Plus haut". Comment s'est passée votre rencontre ?
Elle est du coin de Carcassonne et nous connaissons bien la région. Nous nous sommes rencontrés lors de l'un de nos concerts il y a très longtemps, bien avant qu'elle ne fasse son passage chez les académiciens. Nous nous étions déjà croisés et nous avions déjà échangé des choses. Elle était déjà complètement dans le désir de la chanson. Nous avons ensuite fait nos chemins chacun de nos côtés. Au moment de son premier album, elle est venue faire plusieurs premières parties de Têtes Raides. De fil en aiguille, nous sommes devenus proches à la fois musicalement et dans la vie de tous les jours. On s'apprécie et nous n'avons pas besoin de se parler beaucoup, les choses se font assez simplement.
Une petite surprise figure également sur votre album, c'est le titre de 20 minutes "Notre besoin de consolation est impossible à rassasier". Il s'agit d'une lecture en musique, comme vous avez coutume de le faire sur vos albums. Pourquoi avez-vous choisi ce texte ?
Je suis tombé sur ce texte il y a à peu près deux ans. Je l'ai traîné pendant un moment. C'est un texte que je trouve très fort, puissant et dense. Une partie de notre travail est aussi de pouvoir porter à la fois physiquement, intellectuellement et en concert, un texte. Si le texte avait fait 10 minutes, le morceau aurait fait 10 minutes. Ce n'est vraiment pas question de la durée. Il s'avère que cela fait 20 minutes et que c'est génial dans le sens où c'est une prise totalement live en studio. Ce n'est pas quelque chose que nous avons mis à part de l'album. Il est totalement intégré. Pour nous, c'est réellement une chanson de Têtes Raides dont le texte a été écrit par Stig Dagerman. Ce texte est un merveilleux hymne à la liberté.
Maintenant que "Banco" est dans les bacs, comptez-vous entamer une tournée ?
Nous démarrons en février. Nous avons une vingtaine de dates en région. Ensuite nous ferons une pause au Bataclan pendant deux semaines, du 25 mars au 5 avril. Nous sommes en plein travail sur les concerts.
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Sandrine Albanesi, le 31/12/2007 pour MusicActu
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