Ton premier album "Midi 20" s'est vendu à plus de 700 000 exemplaires. Imaginais-tu recevoir un tel accueil du public ?
Bien sûr que non, d'autant plus que ce premier album a été fait "à la bonne franquette". Nous étions trois, à savoir Jean Rachid qui avait décidé le produire alors qu'il n'était pourtant pas producteur à la base, moi-même, et S Petit Nico, qui a fait la plupart des musiques et qui était le réalisateur musical. L'album a été fait très rapidement puisqu'en douze jours - mix compris - tout était plié. En studio, nous n'étions évidemment pas seuls puisque nous avions un ingé son ainsi que deux ou trois autres compositeurs, ça nous a donc permis de le faire très rapidement, "à l'arrache" et sans trop d'ambition. Evidemment, nous ne nous attendions pas à un tel accueil.
Tu as également reçu deux Victoires de la Musique. Comment as-tu perçu ces récompenses délivrées par des gens du métier ?
J'étais très fier de cette récompense. C'est vrai que j'ai souvent regardé les Victoires de la Musique étant plus jeune donc je les perçois comme une institution que je respecte complètement. J'avais déjà un peu de reconnaissance de la part du public, donc cette reconnaissance de la part des professionnels m'a fait très plaisir.
Tu es celui qui a permis au grand public de découvrir le slam. Comment perçois-tu cela ?
D'un côté c'est génial, je m'emploie à chaque fois à expliquer au maximum ce qu'est le slam, à expliquer que ça ne s'arrête pas à mon disque, que ça ne s'arrête pas à un disque en particulier. Il s'agit avant tout de rencontres, d'a capella, de partage de scènes...
Je passe ma vie à répéter ça et je le fais d'ailleurs bien volontiers car c'est important pour moi d'expliquer ce qu'est vraiment le slam. C'est une chance de pouvoir le faire et de participer au fait qu'aujourd'hui le slam a vraiment explosé en France. Et puis d'un autre côté, c'est un peu une responsabilité. C'est vrai qu'on me nomme souvent comme le représentant du slam et je dois dire que je ne suis pas forcément d'accord avec ça. J'essaie d'expliquer qu'il ne peut pas y avoir un représentant, même si j'aime le slam et que je suis fier d'essayer de le défendre.Je suis fier de défendre le slam.
Penses-tu avoir suscité de nouvelles vocations ?
Oui je pense, mais ça c'est vraiment le slam qui veut ça d'une manière générale. Quand tu assistes à une soirée slam, tu as toujours des mecs qui sont là uniquement pour être dans le public et qui vont ressortir en ayant envie d'écrire. Parfois, ils écrivent même sur des bouts de nappe pendant la scène slam. C'est le slam qui veut ça, il y a comme une épidémie contagieuse. Mes textes ont été disponibles et accessibles à un très grand public donc, comme dans une soirée slam, j'ai participé au fait que les gens se disent "tiens, moi aussi je peux écrire, moi aussi j'ai envie d'essayer". Et comme le slam par essence même est quelque chose de super accessible, où tout le monde peut participer, je pense qu'il y a beaucoup plus de slammeurs aujourd'hui qu'il y a deux ans.
Comment as-tu travaillé pour ce nouvel album ?
Au niveau des textes je n'ai pas travaillé spécifiquement pour l'album. J'ai continué d'écrire régulièrement. J'ai d'ailleurs repris deux textes antérieurs au premier album, et pour le reste ce sont des textes que j'ai écrit dans les deux dernières années, sans forcément écrire en me disant "ce texte est pour l'album". Du coup, pour les textes il n'y a pas vraiment eu de changement dans la façon de faire, ça s'est fait au jour le jour. Après c'est surtout pour la musique que l'on s'est posé un peu plus de questions en se disant qu'on voulait essayer d'apporter quelque chose. Même si on reste dans ce qu'on sait faire, même si la musique reste avant tout faite pour souligner l'ambiance des textes, on a eu plus d'exigences au niveau musical. On a tout fait rejouer en studio par des bons musiciens. Il y a Phil Back, mon percussionniste sur scène, qui a été le réalisateur musical de l'album, qui est quelqu'un qui a beaucoup d'expérience et qui a chapoté un peu tout ça, dirigé les musiciens en studio... Je pense que c'est un travail musical plus abouti.
Tu as déclaré que ce nouveau disque était un peu plus abouti au niveau musical que le précédent. Quelles sont les principales différences à ce niveau là ?
Je commence toujours par écrire le texte et après je fais un brief au compositeur sur ce que j'imagine être l'ambiance finale. Grosso modo, je ne vais pas dans le détail. Je lui dis plutôt "j'imagine plutôt une ambiance très intimiste, peut-être avec un seul instrument, un piano-voix ou quelque chose comme ça" ou sinon "tiens là j'imaginais quelque chose de plus dynamique, avec un rythme plus soutenu" ou alors "trouves-moi un truc plus mélancolique"... Je lui donne une grande direction, je lui donne le texte et je le laisse travailler pour que ce soit du sur-mesure et que la musique colle. Après, quand il me présente le tout, on peaufine ensemble.
Tu as notamment collaboré avec Oxmo Puccino, et Kery James. Comment se sont passées ces collaborations ?
J'ai croisé Oxmo sur des festivals l'année dernière. Il m'a dit qu'il connaissait ce que je faisais et qu'il aimait bien. Je lui ai répondu que je connaissais bien ce qu'il faisait depuis longtemps. C'était une belle rencontre. J'avais croisé vite fait Kery James. Il était venu à mon dernier concert à Paris au Palais des Congrès. D'ailleurs, il y a participé. Comme il était dans le public, je lui ai demandé s'il voulait que je le laisse tranquille ou s'il voulait bien participer à ce que l'on appelle 'l'attentat verbal'. C'est un moment où des slammeurs du public me coupent la parole avec des micros et lâchent des vers dans tous les sens. Il était très chaud pour y participer. Diam's était également présente. J'ai donc eu deux invités de luxe dans cet 'attentat verbal'. Du coup nous nous sommes rencontrés, nous avons parlé et nous avons échangé. Comme avec Oxmo, nous nous sommes dits que nous devions faire un truc ensemble. Je leur ai proposé de faire un truc tous les trois. Oxmo et Kery James n'avaient jamais collaboré ensemble. C'était une première pour tout le monde. C'était un honneur qu'ils acceptent parce que je connais bien ce qu'ils font depuis longtemps. Pour moi ce sont de belles plumes du rap français, donc j'étais très fier.
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SolidaysLe festival fêtera son anniversaire à partir de vendredi, en compagnie de nombreux artistes.
02/07/2008
Sandrine Albanesi, le 14/04/2008 pour MusicActu
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