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Marc Antoine : du R&B à l'accent québécois...

Après le succès de son single "Tant besoin de toi" classé en tête des ventes, Marc Antoine débarque avec son premier album "Comme il se doit". Rencontre avec le chanteur R&B. Le québécois nous dit tout sur cette première livraison.

Sandrine Albanesi le 05/05/2008 pour MusicActu

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Tu as débuté ta carrière dans un groupe avec tes frères. Qu'est-ce qui t'a amené à poursuivre en solo ?
Je crois que plus on vieillissait et plus ils avaient d'autres aspirations. Moi, je suis resté dans le côté musical. Je voulais vraiment aller plus à fond. J'avais personnellement des choses à dire, des sujets qui me touchaient donc qui n'avaient pas forcément de rapport avec les deux autres. Ils sont partis de leur côté. Ca s'est fait vraiment graduellement. Nous ne nous le sommes jamais dit, mais je suis parti en solo. Il n'y a pas eu de souci.

Tu as ensuite créé ton propre label Disques 1804...
Oui, j'ai créé mon propre label. A Montréal, c'est un peu plus difficile de trouver des maisons de disques, surtout quand on fait du R&B. Les offres que j'avais eues c'était plutôt assimiler le R&B avec la musique québécoise. Au Québec, c'est plus le pop rock qui fonctionne, donc il fallait que je fasse un genre de mélange des deux, ce que je ne voulais pas faire. Du coup, j'ai du créer mon propre label pour pouvoir avoir ma propre liberté de faire ce que j'aimais et ne pas avoir cette restriction artistique. C'est beaucoup plus compliqué au Québec, car il faut toujours essayer de se cadrer dans ce moule et pour moi c'était impossible car j'ai mon idée du R&B.

Tu as assuré les premières parties des concerts de la chanteuse Vitaa. Que penses-tu de l'accueil du public français ?
Je peux dire que j'ai été très bien accueilli. J'ai commencé par faire les premières parties de Vitaa. C'est à ce moment là que j'ai vu que j'avais un bel accueil. Pour moi, c'était assez positif pour le reste, surtout que je n'étais pas du tout connu à l'époque.
Pour moi, le public français est un super bon public.
J'étais un peu plus connu sur Paris, mais j'ai tout de même fait des villes comme Marseille où j'étais pratiquement inconnu parce que je ne passais pas encore à la radio. J'ai eu un bel accueil. Pour moi, le public français est un super bon public. Je les adore. Ils m'ont adopté.

Marc AntoineQue penses-tu de la scène R&B française ? Ecoutais-tu des artistes français quand tu étais au Québec ?
Non, pas nécessairement, parce qu'au Canada nous ne sommes pas trop branchés là-dessus. Je ne connaissais pas vraiment la scène R&B française avant d'arriver ici. C'est quand je suis arrivé en France que j'ai appris à la connaître. Je crois qu'il y a une belle scène R&B. J'ai cru remarquer qu'il y avait beaucoup de femmes et très peu d'hommes. Quand je suis arrivé ici, les gens me disaient que le R&B masculin se résumait souvent à "bouge ton boule", excusez-moi pour l'expression. Pour moi, ce n'est pas ça du tout. Je crois que les gens ont peut-être eu de mauvaises références, mais la vraie soul et le vrai R&B, ce n'est pas du tout ça. Tout passe par le vocal. Quand on regarde les chanteurs américains, le vocal est toujours là, l'émotion passe toujours. Peut-être qu'ici il y avait un certain manque, donc les gens calculaient très peu le vocal, mais plus la prod.

Comment as-tu travaillé pour ton premier album ?
J'ai travaillé à l'époque où j'étais à la recherche de compositeur pour co-composer avec moi, car je suis auteur compositeur. J'avais besoin de quelqu'un qui connaissait très bien le R&B et qui pouvait amener la touche que je recherchais. On m'a présenté Sonny Black qui avait bossé sur les albums de Corneille et K-Maro. Nous avons essayé quelques morceaux ensemble et l'alchimie s'est tout de suite installée. C'est la personne dont j'avais besoin pour faire l'album "Comme il se doit".

Ton single "Tant besoin de toi" a cartonné dès sa sortie en se plaçant en tête des ventes des singles. T'attendais-tu à avoir un tel succès ?
On ne s'attend jamais à ce genre d'accueil. On l'espère. Mais, je me suis toujours fait dire que c'était très difficile, donc on ne se crée pas nécessairement d'attente, on espère toujours. Quand j'ai vu que ça fonctionnait très bien, j'ai été le premier surpris. Je suis le premier à apprécier ce qui arrive.

L'amour est au centre de bon nombre de tes textes. Est-ce un sujet de prédilection pour toi ?
Si on regarde le R&B classique, ça parle souvent d'amour. J'ai été bercé par les Boyz II Men et Brian Mc Knight qui parlaient beaucoup d'amour. J'ai parlé un peu des expériences que j'ai vécues en amour. J'ai aussi greffé des sujets qui me touchaient un peu plus. Dans le R&B, tout passe par l'émotion et la façon dont on la fait passer.

Marc AntoineTu abordes également des thèmes plus graves comme par exemple l'inceste dans ton morceau Triste Novembre. Est-ce important pour toi d'aborder des thèmes plus graves que ceux qui sont habituellement abordés dans le R&B ?
Je n'aime pas catégoriser. Certes, je fais du R&B, mais j'ai avant tout ma propre identité. Il y a des sujets qui me touchent. Si c'est l'inceste, ça sera l'inceste, demain cela pourra être la politique ou d'autres choses. Je suis avant tout Marc Antoine avant d'être chanteur de R&B.

Tu revendiques des influences variées allant de Michael Jackson, Stevie Wonder ou Prince à Francis Cabrel. Tu as d'ailleurs repris le titre "Je l'aime à mourir". Pourquoi avoir choisi ce titre plutôt qu'un autre ?
J'ai décidé de reprendre ce morceau, parce que pour moi "Je l'aime à mourir" est l'un des plus beaux morceaux francophones. J'ai écouté ça depuis que je suis tout jeune. C'est l'une de mes chansons préférée. La mettre sur cet album a été un petit cadeau, un petit bonus.

Quelle est la suite de ton programme ?
Ma tournée se commence tranquillement. Je serai le 5 mai à Paris au Café de la Danse et le 6 mai à Lyon au Ninkasi Kao.

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