Ton tout nouvel album, "L'Homme du monde", est sorti il y a à peine quelques jours. Dans quel état d'esprit es-tu ?
En fait, je dirais que c'est comme un papa qui regarde son petit garçon qui commence à marcher et qui est à la fois super fier, mais qui a peur qu'il glisse sur une peau de banane ou qu'il tombe et qu'il se fasse mal. C'est donc un mélange d'excitation et d'appréhension.
Cet album semble marquer un tournant dans la carrière. Est-ce le cas ?
Je crois qu'il est encore un peu trop tôt pour le dire. En tout cas, pour moi, personnellement, c'est un vrai changement, surtout dans ce que j'ai envie de donner aux gens sur scène. J'ai vraiment envie de me lâcher et de faire un show très rock, très dansant, très fou, avec plein d'énergie, alors qu'avant j'étais plus dans la quête d'une atmosphère mystérieuse et, dans le meilleur des cas, envoûtante. Dans la vie c'est vraiment génial d'évoluer, d'avoir des angles d'attaque différents et de découvrir des choses différentes en soi. C'est un processus dans lequel je suis depuis toujours. C'est un mouvement de fond, ça fait des années que j'y pense.
Comment as-tu travaillé pour ce nouveau disque ? Quels éléments supplémentaires y as-tu apporté ?
J'ai acheté une guitare, alors que je ne savais pas en jouer. J'ai composé des morceaux, comme ça, tout seul dans mon coin. Ensuite, comme pour tous mes autres disques, j'ai donné mes morceaux à des copains et nous avons fait les arrangements ensemble.
Nous avons essayé de trouver une couleur, avec pour certains morceaux des gros sons un peu inspirés de Timbaland. Mon ami Nicolas Repac a cherché des couleurs très groovy, en essayant de trouver une atmosphère qui soit à la fois joyeuse et chaotique. J'ai enregistré mon album à Paris et je l'ai mixé à Montréal. Pour moi, c'est un vrai changement.
Ton dernier disque s'intitulait "Adieu Tristesse". Tu reviens cette fois avec un album décrit comme étant emprunt d'un groove optimiste et moqueur. On peut donc dire que tu as tenu ta promesse et que tu as définitivement dit adieu à la tristesse...
Oui. De toute façon, quand on s'implique fortement dans ce qu'on dit, dans ce que l'on exprime de soi, cela produit de gros changements. Je crois que les mots sont vraiment puissants si l'on a envie de changer sa vie.
Le premier extrait de ton disque c'est "Dancing with Madonna". On connait l'importance du choix d'un premier single. Pourquoi avoir choisi ce titre ? Crois-tu que ce soit le morceau qui représente mieux le nouveau tournant que tu viens de prendre ?
Je ne crois pas que ce morceau représente vraiment l'album. En revanche, il a un côté festif et j'avais envie que les gens s'éclatent éventuellement dessus cet été.
Le clip de ce premier single est par ailleurs totalement délirant...
Oui (rires). Le clip, en revanche, représente un peu plus le disque, parce qu'il y a un côté à la fois totalement fantaisiste, et au autre côté politico-surréaliste.
En parallèle de la sortie de ton disque, tu as également fait "L'homme du monde : The movie", un court métrage. Comment t'es venue cette idée ?
C'est né d'une rencontre avec un jeune cinéaste américain, Joseph Cahill, que je trouve très doué, qui est super créatif. Nous avions l'occasion de faire des photos pour la pochette en Camargue en février dernier. Nous nous sommes dit que nous allions faire un court métrage. Il a écrit une histoire que je trouvais très drôle et qui avait plein de résonnance émotionnelle avec le disque. Nous avons fait ça à l'arrache, pratiquement sans budget. Nous avons donc construit un costume de cosmonaute, j'ai rencontré The Lady of Shanghai... Tout ça était vraiment un rêve éveillé, et en même temps, c'est vraiment très complémentaire du disque. Les personnages du disque sortent des chansons et ont leurs vies propres.
Etait-ce une façon de mettre en image les émotions que tu as voulu faire dégager de ton disque ?
Oui. Et finalement, ça explique plein de choses. En fait, je trouve l'idée merveilleuse, en tout cas pour l'imaginaire, d'avoir vraiment un disque et un film ensemble. C'est en image, ce que je veux faire passer dans ma musique. C'est ma vision des personnages et des textes. Il y a vraiment de ça.
Ton album promet d'être "une petite bombe à retardement sur scène". Tu seras d'ailleurs en tournée à partir du mois d'octobre. Comment imagines-tu tes prochains concerts ?
J'aimerais que mes prochains concerts soient vraiment explosifs, joyeux, fantaisistes, émotionnels... Tout, quoi. Je commence à réfléchir à comment je vais mettre cela en scène, mais pour l'instant c'est encore un peu difficile d'en parler.
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Sandrine Albanesi, le 16/06/2008 pour MusicActu
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