AMI KARIM >>>
Peux-tu nous parler de ta rencontre avec le slam ?
Ma rencontre avec le slam s'est faite en 2003 au Café Culturel de Saint Denis. J'ai commencé là bas. C'est Nada qui animait les scènes slam à l'époque. Au départ, j'ai détesté. Je n'y suis pas retourné pendant 6 mois. Quand j'y suis repassé j'ai dit à Nada que j'avais écrit un texte. C'était seulement pour dire à ceux qui étaient là que j'en avais marre de les entendre pleurer sur leurs vies de merde. Ca a été mon premier texte. Après ça, je ne me suis plus arrêté. Je venais le soir et j'écrivais mes textes sur le comptoir, je passais en dernier. Jacky et Fabien m'ont d'ailleurs donné à l'époque le surnom de 'work in progress'. C'était marrant.
Ton nom de scène à d'ailleurs été choisi par Fabien, alias Grand Corps Malade...
Oui, exactement. Quand il m'appelait sur scène au Café Culturel, il m'appelait Ami Karim, ce qui signifiait Tonton Karim. C'était plus un terme affectif qu'un nom de scène. Au fur et à mesure du temps qui passait, les gens continuaient à m'appeler Ami Karim quand je faisais des scènes slam. Un jour je me suis dit qu'il fallait que je me trouve un nom de scène. J'étais chez Fabien, on discutait et je lui ai dit qu'il fallait qu'on me choisisse un nom d'artiste. Il m'a alors regardé avec un regard de bête blessée et il m'a dit "Pourquoi ? Ami Karim, ça ne te plait pas ?". Du coup, j'ai décidé de garder ce pseudo.
Le slam est un style musical qui se développe de plus en plus. Comment le décrirais-tu ? Est-ce un nouveau style, un dérivé du rap ?
Le slam n'est pas un style musical parce qu'à la base il n'y avait pas de musique, c'était a capella. Le problème c'est que les gens associent le slam au rap parce qu'ils ont entendu Grand Corps Malade ou Abd Al Malik. Abd Al Malik qui est un rappeur et Grand Corps Malade qui a un flow très hip hop. Le problème c'est qu'il y a des slammeurs qui sont influencés par Baudelaire, d'autres par Verlaine, la chanson française etc. Le slam n'est pas du tout un dérivé du rap. C'est comme si tu me demandais si le slam est un dérivé du rock. Pour moi le slam est un courant qui vit tout seul, à côté des autres.
LOUISY JOSEPH >>>
Tu te lances en solo, après près de 7 années de carrière au sein du groupe L5. As-tu définitivement tiré un trait sur cette première partie de ta carrière ?
Je ne sais pas. Je ne sais pas ce que tirer un trait représente. Non, je ne pense pas. Ca fait partie de ma vie, donc il est hors de question que je tire un trait sur 7 ans de ma vie. C'est définitivement impossible. C'est d'ailleurs à ces 7 années que je dois la carrière que je commence aujourd'hui, donc il n'y a aucune raison de tirer un trait là-dessus. Après, effectivement c'est une autre histoire qui démarre donc pourvu que l'on se concentre plutôt là-dessus, parce que ces 7 années des L5 sont bel et bien terminées. Je pense que l'actu des L5, il n'y en a plus, il n'y en aura pas. Chacune va vaquer à ses occupations dans le projet qu'elles ont décidé de faire. Moi, c'est la musique. C'est pour cela qu'aujourd'hui j'ai pris mon nom de famille et que je m'appelle Louisy Joseph.
On a l'impression que tu as été pas mal bridée musicalement au sein des L5. Est-ce vraiment le cas ?
Oui, complètement. On vivait une aventure à 5. Tout ce que nous avions l'habitude de faire et de prendre comme décision était soit multiplié, soit partagé à 5, donc c'est difficile. Pour exister et cohabiter avec 5 personnalités différentes, il faut se taire un petit peu. Il faut apprendre à laisser vivre chacune et exorciser un peu les personnalités de chacune pour qu'elles puissent cohabiter. Ca m'a permis de savoir ce que j'avais envie de faire, de concrétiser les choix que j'avais envie de faire. On va dire que ça m'a évité de me tromper sur la carrière que j'entamais. Ce qui est sûr, c'est que j'avais envie de faire quelque chose qui me ressemble pour une fois.
Ton album s'est classé en tète des ventes dès sa sortie. Estimes-tu avoir réussi ton pari de l'après L5 ?
Disons que j'aurai réussi mon pari quand ma musique sera intégrée dans l'univers musical français. Le Papa Pingouin aussi fait vendre des disques (rires). Pour l'instant je ne peux rien dire. Ca peut être une vague de fraicheur qui arrive dans les hits parades. Est-ce que ça va durer ? Ca me fait plaisir que les gens me disent qu'ils sont touchés par mes chansons, qu'ils aiment ma voix et qu'ils commencent à différencier le personnage que j'étais dans les L5 et celui que je suis devenu. De toute façon, j'ai réussi mon pari parce que ce que je suis en train de vivre est au-delà de mes espérances.
GAETANE ABRIAL >>>
Nous t'avons découverte dans l'Emission La Nouvelle Star. Quel bilan en dresses-tu ?
J'en dresse un bilan tout à fait positif. C'était vraiment génial. J'ai appris beaucoup. J'ai beaucoup grandit en une année. Par rapport à tout ce qui est promo, par exemple, je pense que je ne pourrais pas faire tout ce que je fais à présent sans être passée par là, parce que j'ai déjà une expérience de ça. C'est un avantage. Cela m'a aussi apporté une expérience de la scène, ce qui est aussi extrêmement important. Je prends vraiment du plaisir à chanter. Ce n'est plus le mauvais trac du début. J'ai vraiment hâte maintenant de faire ma propre tournée. La Nouvelle Star était aussi une expérience humaine. J'ai appris à mieux appréhender les gens et faire plus attention aux autres. C'est vrai que dans ce métier il faut faire attention à ce que l'on peut nous dire et ne pas être trop naïf. C'est tout un ensemble de choses très positives.
Ton disque s'intitule Cheyenne Song. As-tu choisi de l'intituler de cette façon pour marquer le côté folk, voir un peu country de ta musique ?
Oui. A la base, dans l'émission, André me définissait avec le mot Cheyenne. C'est vrai que j'étais agréablement surprise, car j'ai toujours été fascinée par la culture amérindienne. Si je devais faire un prochain album, ce serait encore plus dans ce style là, encore plus centré là-dessus et tout ce qui est percussion, flûte ou autres instruments qui sortent du commun.
Tu es l'auteur de certains des titres de ton disque. Etait-ce important pour toi d'apporter ta touche personnelle à ton album ?
Oui, carrément. Nous n'avons pas décidé de faire cet album en "tant" de mois. Ca s'est fait comme ça, mais c'est vrai que si j'avais pu, j'aurais écrit davantage. C'est vital pour un artiste d'écrire ses propres textes, et pourquoi pas ses propres musiques. Je continue d'ailleurs à écrire. Pour l'instant il n'y a que les textes, mais j'espère que ça aboutira à quelque chose plus tard. Par contre, au niveau des paroles, j'ai eu la chance de rencontrer les bons auteurs. Pareil, ça n'a été que des coups de coeur. Je vis vraiment toutes les chansons.
KOXIE >>>
Ton parcours t'a amenée à toucher un peu à tout artistiquement parlant. Tu as fait de la comédie, de la danse, de la musique. Pourquoi avoir finalement choisi de t'investir dans la musique à 100% ?
L'avantage avec la musique, c'est que lorsque l'on en fait, on peut le faire seul. Après, il faut évidemment être écoutée et aimée pour que ça marche, pour qu'on aille plus loin. Mais dans un premier temps, dans la création même, en tant que comédienne, tu ne peux pas créer si tu es seule. Il faut quelqu'un qui te mette en scène, il faut une pièce, il faut des gens qui la regardent... Tandis que la musique, on peut en faire quasiment seule. Après, il faut la sortir et qu'elle soit écoutée. Mais dans le processus de création même, c'est beaucoup moins frustrant de faire de la musique que d'être comédienne, surtout quand tu ne travailles pas et que tu n'es pas connue. La frustration dans le métier de comédienne était devenue un peu grande. En plus, en gérant l'école, finalement je ne travaillais pas beaucoup en tant qu'actrice. J'ai donc décidé de fermer cette école qui m'empêchait de faire un peu ce que j'avais envie de faire pour pouvoir faire vraiment cela à fond. Et puis, je me suis prise de passion. On a fait une maquette, puis deux, puis trois... Là, j'ai vraiment vu que c'était ma voie et que j'avais envie de faire ça. Et puis il y a le côté "comédienne" aussi dans la musique. On joue, on interprète. Ma formation me sert.
Tu fais partie de cette nouvelle génération d'artistes découverts sur le net. Penses-tu être particulièrement chanceuse ?
Franchement, je ne crois pas à la chance. Je crois au travail. J'ai travaillé suffisamment pour sortir ce titre-là, à un moment, de ma tête. Après, oui, j'ai eu de la chance, mais j'ai su la saisir parce que j'ai travaillé et que j'étais dans une énergie de boulot. Je n'ai pas claqué des doigts. Ce n'est pas un coup de chance si je l'ai écrite. J'ai vraiment beaucoup travaillé pour ça.
Tu qualifies ton style comme étant du "rap chic". Comment décrirais-tu ce nouveau genre musical ?
Il n'y a pas le côté agressif du rap français. Et puis, musicalement, il n'y a rien de samplé. C'est-à-dire que tout est joué. Il y a des musiciens, tout est composé. Il n'y a pas de boucle. Le style est vraiment le mien et celui de Stéphane Bonvent mélangés. Il est musicien, batteur. Il a une vraie culture musicale. Moi aussi, je l'espère. On a donc essayé de mélanger le côté musique et le côté textes rappés.
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Sandrine Albanesi, le 04/08/2008 pour MusicActu
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