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Tunisiano fait son show...

Désormais en solo, le rappeur Tunisiano, ancien membre du groupe Sniper, s'apprête à partir en tournée et à monter sur la scène du Stade de France pour "Urban Peace". Pour nous, il évoque en détail son programme.

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Sonia Ouadhi le 15/09/2008 pour MusicActu

Quel bilan peux-tu dresser de ton premier album ?
C'est vraiment quelque chose de nouveau pour moi. Je suis sorti de Sniper et j'arrive avec un premier album solo. On voulait installer mon univers, mon nom. Le plus difficile va être de faire oublier Sniper. Pour le moment, le bilan est assez positif. Là, on arrive sur notre troisième single. Là, on a clippé "Je porte plainte" qui va tourner d'ici peu. La tournée arrive au mois d'octobre, à travers toute la France.

Ca t'as fait quoi de te retrouver seul ?
Franchement, au départ ça me faisait trop flipper. Ce n'était pas vraiment de la peur, mais j'étais vachement stressé, angoissé, et puis tu appréhendes. Avant, ce qui faisait notre force avec Sniper était de s'épauler les uns les autres. La force d'un groupe, quand tu es sur scène ou devant la presse, c'est que vous êtes en équipe pour défendre votre projet. Quand il y en a un qui est au plus bas, il y a l'autre qui est là pour lui relever la tête. C'est ça le moteur, et là c'est carrément autre chose. Maintenant, il faut que je trace, il faut que je fonce, car qui pourrait faire mieux que moi.

Quel a été le retour de tes fans, ceux qui te connaissaient lorsque tu étais avec Sniper ?
D'une manière générale, c'est vachement positif. On va dire 80 / 20%. Je sais par exemple qu'il y a des fans qui ont pu mal interpréter le morceau "Equivoque". Certains ont cru que je m'étais mis à la techno, ou que j'avais perdu mon côté revendicateur, que je n'avais plus la niak comme avant, ou en gros que j'avais retourné ma veste. Je reste tout à fait le même Tunisiano, mais "Equivoque" était un morceau délire. J'ai essayé de faire du rap plus ou moins technique, en quelque sorte à la Eminem. J'ai pris ce risque là, mais ça ne veut pas dire que j'ai changé de décor et que je suis un artiste qui veut viser un grand public. J'ai juste essayé de me différencier. Dans l'ensemble, ça s'est arrangé, car ceux qui ont écouté l'album, se sont rendu compte que le titre était différent des autres.

Peux-tu nous parler de ton single, "Je porte plainte" ?
"Je porte plainte" est un titre revendicateur. C'est un morceau concept : je vais dans un commissariat et je me retrouve à porter plainte, mais la raison de ma plainte est le monsieur derrière le bureau. C'est un morceau qui risque d'énerver certaines personnes.

Quelle est l'histoire de ce titre ?
C'est un grand fantasme que j'ai toujours eu en raison d'une certaine frustration que j'ai pu avoir plus jeune par rapport à la police et le fait de ne pas avoir le droit à la parole, de sentir de l'abus de pouvoir. Plus d'une fois, j'aurai bien aimé y aller et porter plainte. Dans le film "La Haine", il y a une phrase : "Ils sont là pour nous protéger des méchants, mais quelque part, il n'y a personne qui nous protège d'eux".

As-tu déjà pu discuter avec un agent de police et lui dire tout ce que t'avais sur le coeur ?
J'ai eu quelques connaissances qui bossaient dans la police, ça m'est déjà arrivé de parler avec eux. Il y en a des supers cool et avec qui je m'entends vachement bien, mais il y a des sectaires, qui peuvent être racistes, vachement durs. Il y a des frustrés aussi. Il y a de tout, aussi des justes. Je pense que c'est mitigé et comme je le dis dans le titre, je ne les mets pas tous dans le même panier. Le morceau est clair et net : j'aimerais bien porter plainte contre certains abus de pouvoir, certains délits de sales gueules, etc. Je n''ai pas 8 ans et demi, je ne suis pas en train de dire : "nique la police, tous des salauds".

Comment s'est déroulé le tournage du clip, il y a plusieurs guests. Tu les as choisis ?
Oui, je les ai choisis avec la boîte de prod du clip. On a contacté toutes les personnes que j'avais listées et que je voulais dans le clip. Le but de cette démarche est plus de donner une légitimité au titre, de dire il n'y a pas que Tunisiano qui peut avoir des choses à reprocher à la police. Il y a aussi des jeunes filles et pas que des rappeurs. Il y a des gens de tous horizons. Ils ont tous répondu présent en ayant écouté les paroles et en ayant compris le sens du titre.

Comment s'est passé le tournage du clip ?
Ca s'est super bien passé dans l'ensemble. On a vraiment rigolé, j'ai passé un bon moment, aussi bien avec les acteurs qu'avec les guests. Je trouve ça terrible de passer d'une Angunn à un Demon One, d'une Amel Bent à un chanteur de rock. C'est justement ce truc là que je voulais apporter au titre : cette largeur.

Tu pars prochainement en tournée. Qu'as-tu prévu ?
La tournée arrive au mois d'octobre. J'ai prévu une équipe assez réduite, c'est vraiment des amis qu'il y a autour de moi. Dans le show en lui-même, il y a pas mal de rebondissements. En fait, j'ai un concept bien précis autour du show. Là, je suis en cours de fabrication, on va essayer de transformer le truc en une espèce de grand labo. La tournée s'annonce longue et conviviale. On a choisi de prendre des petites salles, 300-400 personnes environ, pour être vraiment proche et pour que cela soit interactif. On a prévu de tourner jusqu'au mois de décembre.

As-tu des petits rituels avant de monter sur scène ?
J'aime bien sautiller et courir un peu, ça me déstresse. Parfois, je fais des trucs mytho comme j'ai pu voir, à la Armande Altaï, histoire de te chauffer la voix (rires), mais le vrai déstressant est de m'agiter. J'ai beaucoup le trac, j'ai toujours une boule dans le ventre avant de monter, je sens un truc qui grimpe et ça me rend fou. Bizarrement, une fois que j'ai mis le pied sur scène, elle part.

Et qu'as-tu préparé pour ta prestation à Urban Peace ?
Je n'ai pas prévu des titres entiers, je vais faire un medley qui retrace toute ma carrière : certains trucs que j'ai pu faire avec Sniper, jusqu'à maintenant. Tous les trucs que je kiffe faire sur scène. Vu que c'est assez court, je n'ai que 15 mn, j'ai vraiment envie que ça soit intensif et que ça n'arrête pas, qu'il n'y ait pas de moments de battement.

Et chanter devant le Stade de France, ça te fais quoi ?
Ca fout les chocottes ! (rires). Mais, c'est une bonne expérience, je suis super content d'y être. Combien de personnes aimeraient être à ma place ? Parfois, j'ai du mal à réaliser que je vais être au Stade de France, c'est un truc de ouf ! La scène doit faire au moins cent mètres !

Tu réfléchis déjà à ton prochain album ?
Oui, j'écris, je réfléchis. Parfois, j'ai des périodes où je vais écrire constamment et d'autres rien !

Et avec Sniper ?
Concrètement, chacun fait son solo. Blacko a décidé d'arrêter. C'est fini plus ou moins. Je ne sais pas si on peut dire en "stand by" ou "c'est fini".

Tu es aussi sur le projet "Raï'N'B Fever 3" ...
J'ai fait un morceau avec Reda Taliani, il s'intitule "Ca passe ou ça casse". Je le kiffe, le titre est mortel ! D'ailleurs, je suis pressé qu'il sorte. On ne l'a pas encore clippé, mais franchement je kifferais. C'est un bon morceau rebeu comme je les aime. J'aurais aimé en faire plus sur mon album, mais par rapport au choix des instru et au time, je n'ai pas pu. Je suis vraiment fier de ce titre.

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