Emma Daumas : comme un retour aux sources...
Apaisement, confiance en soi, travail en équipe, rencontre avec Mickaël Furnon de Mickey 3D, tournée : deux ans après "Effets secondaires", Emma Daumas interprète "J'suis conne" et revient avec "Le Chemin de la maison".
Beaucoup de choses. On a essayé de partir en tournée, ce qui n'a pas été malheureusement facile car on a été obligé d'annuler de nombreuses dates. J'ai un peu sorti les rames et en même temps j'ai trouvé qu'il y avait pas mal d'incohérences autour de moi. Je ne me sentais plus en accord avec les valeurs que j'avais défendues jusqu'à maintenant. J'ai essayé de retrouver un peu d'apaisement après ce tourbillon infernal qui a duré près de quatre ans. Et du coup, j'ai fait un bon break, je me suis posée, je suis partie en voyage. J'ai fait un petit bilan sur ce que j'avais envie de faire dans ma vie, dans la musique. Je me suis rendue compte que j'avais envie de reprendre les choses à zéro car je ne me sentais plus très proche de tout ça. J'ai alors commencé à travailler sur ce nouvel album il y a plus d'un an déjà.
Pourquoi avoir choisi d'intituler ton disque "Le chemin de la maison" ?
Alors c'est vrai que c'est un titre à message car c'est un retour aux sources pour moi, pas forcément que musical d'ailleurs, je me suis pas mal remise en question. J'étais plus apaisée, j'avais en moi des choses plus positives et plus ensoleillées à partager, j'avais envie de découvrir plus de choses sur moi. En même temps, j'ai renoué des liens avec des personnes de ma famille, par rapport à cette expérience qui avait un peu bouleversé ma vie. D'où ce "chemin de la maison" qui n'est pas qu'un retour aux sources musical mais tout ceci a découlé de ce qui m'est arrivé personnellement.
Comment as-tu composé ton équipe pour cet album ?
C'est venu assez naturellement. J'ai un ami qui a monté un studio et qui m'a présenté Sylvain Carpentier, qui a réalisé l'album. On a pris notre temps, on était un peu à la maison. Cet album a été une sorte d'atelier-création, j'avais déjà quelques compositions que nous avons retravaillées. Je suis partie avec mes maquettes sous le bras pour emmener des gens dans l'aventure avec moi. J'avais fait une petite liste des gens avec qui je voulais travailler. Il se trouve que le studio où nous étions est très riche de connexions, j'y ai rencontré Peter Von Poehl et Natacha Le Jeune de AS Dragon. Et à côté de ça, au détour d'un chemin, j'ai fait la connaissance de Mickaël Furnon, qui a été une rencontre très riche. Il a travaillé sur trois titres de l'album mais c'est aussi quelqu'un qui m'a beaucoup soutenue et défendue car j'ai eu beaucoup de doutes, surtout quand on est dans un virage artistique. Il m'a aidée à assumer mes choix. Et puis il y a aussi Elodie Frégé que je connais depuis un moment déjà et j'avais envie de travailler avec elle. Sur cette chanson, "Danser", qui est assez sombre et mélancolique, j'avais besoin d'une écriture féminine, très poétique et un peu lourde de sens.
Comment s'est opéré le passage du pop-rock à une pop-folk ?
Ce changement a été assez naturel et évident. J'étais plus apaisée et j'avais envie de sonorités plus acoustiques et plus colorées. Je voulais des cuivres, des choses plus chaudes. Tout simplement car je me sentais dans un état d'esprit plus serein, je n'avais plus envie de revendiquer des choses sombres. Le rock c'est une musique qui reflète un sentiment de rébellion et je n'étais plus dans ce stade là de ma vie. Je n'étais plus dans une vibe très noire comme j'ai pu l'être sur mon deuxième album.
Peux-tu nous parler du single "J'suis conne" ?
Pour la petite histoire, Mickaël Furnon s'est retrouvé dans la même maison de disques que moi et mon assistant a un jour entendu cette chanson qui traînait dans un tiroir. Il m'a de suite dit que je devais l'écouter et qu'elle était faite pour moi. Elle m'a de suite plu pour son côté provoquant et son aspect décalé. Et ensuite, j'ai commencé à travailler sur une démo. La première fois que j'ai chanté "J'suis conne", la chanson a pris tout son sens, cela a été comme une évidence. Je sais qu'il peut y avoir plusieurs interprétations, moi je l'ai prise de manière très simple et au premier degré. Je sens que l'on est dans une société où l'on met en avant les brillants et les winners, où il y a très peu de place pour les maladresses et les gens qui n'ont pas trop confiance en eux. Cette chanson, c'était un peu mon droit à l'erreur et ma part de loose, ce qui nous rend très humains au final.
Pourquoi y a-t-il quelques titres en anglais ?
Cela s'est fait naturellement car déjà j'aime cette langue. Je trouve qu'elle est toujours agréable à chanter et à écrire. Par exemple, pour "No Matter", je ne me voyais pas la faire en français par rapport au thème, où j'entre dans les rêves de mon amoureux et que je me rends compte que je n'en fais pas partie. C'était beaucoup plus onirique et plus mignon en anglais.
Prépares-tu une tournée ?
Effectivement j'ai été un peu frustrée de n'avoir pas pu faire vivre correctement mon deuxième album sur scène. Sur celui-là, heureusement, j'ai trouvé de bons partenaires et je pense pouvoir bien m'amuser. Ce sera en principe une formation classique : basse, batterie, guitare et quelqu'un aux claviers, samples... Je pense que l'on va pouvoir débuter des dates parisiennes en février 2009, et puis après partir en tournée en mai j'espère.






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